L'urgence ferme ses portes la nuit

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L\'urgence ferme ses portes la nuit

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Sur la photo, on voit de gauche à droite la Dre Valérie Garneau, chef de l'urgence, le Dr Éric Dauth, directeur des services professionnels au CSSS de Trois-Rivières et Jacques Longval, directeur général.

Photo: Ève Guillemette

 

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Faute de médecins, l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage sera désormais fermée la nuit de 22 h à 8 h, à compter de demain.

Même si la situation est fragile depuis plusieurs mois, c'est la première fois que le CSSS de Trois-Rivières doit se résoudre à interrompre les services à l'urgence de Cloutier-du Rivage. «Nous avions jusqu'ici réussi à combler les périodes de garde grâce à l'excellente collaboration de nos médecins réguliers et à l'apport des médecins dépanneurs mais ces derniers temps, les médecins dépanneurs nous ont offert moins de disponibilités. Nous nous sommes donc retrouvés avec un nombre important de périodes de garde non comblées en mai, juin, juillet et août», a expliqué Jacques Longval, directeur général du CSSS de Trois-Rivières.

On soutient avoir tout fait pour éviter d'en arriver à cette interruption de service mais en vain. «Nous avons parlé à nos médecins réguliers, nous avons contacté personnellement chacun des 120 médecins dépanneurs du Québec, nous avons communiqué avec les médecins des autres établissements de santé mais ce fut négatif. Il a donc fallu mettre en place un plan de contingence qui prévoit seulement deux quarts de travail le jour et le soir», a-t-il ajouté.

 

Cette fermeture signifie qu'il n'y aura plus de médecins et d'infirmières à l'urgence la nuit. La population est donc invitée à se présenter dans une autre urgence ou encore à composer le 811 pour rejoindre une infirmière d'Info-Santé.

Quant aux patients sur civière admis le jour entre 8h et 22h et qui ne pourront pas obtenir de congé d'hospitalisation, ils seront transférés au CHRTR. On estime que cela devrait représenter une moyenne de six patients par jour environ.

Les ambulances seront par ailleurs détournées automatiquement vers le CHRTR, 24 heures sur 24. On en dénombre environ deux à trois par période de 24 heures.

La direction précise par ailleurs que le nombre de patients qui se présentent de nuit à l'urgence de Cloutier n'est pas très élevé. «On en compte généralement une douzaine. C'est le volume d'usagers le plus faible puisque nous recevons entre 90 à 100 patients par jour», a ajouté M. Longval.

Présentement, le CSSS compte sur une équipe de sept médecins réguliers qui réussissent à combler les deux tiers des périodes de garde. L'autre tiers est comblé par les médecins dépanneurs. Or, seuls quatre médecins dépanneurs ont accepté d'offrir des disponibilités au cours des prochains mois alors que généralement, il en fallait sept pour combler toutes les périodes de garde.

La situation est jugée exceptionnelle, surtout qu'on ignore encore à quel moment l'urgence pourra de nouveau être ouverte de nuit. Pour l'instant, on se borne à dire que la situation risque d'être maintenue en septembre. En octobre ou novembre, des changements pourraient éventuellement être apportés alors que deux nouveaux médecins devraient joindre les rangs du CSSS de Trois-Rivières.

Comme cette rupture de services risque d'avoir un impact assuré sur l'urgence du CHRTR, une collaboration est mise en branle afin de réduire les inconvénients. Des efforts supplémentaires seront d'ailleurs fait par le CSSS pour améliorer la prise en charge de patients orphelins et favoriser l'accès à des ressources en hébergement pour ainsi, diminuer la pression sur l'urgence.

Le Dr Éric Dauth, directeur des services professionnels du CSSS, a lui-même décidé de mettre l'épaule à la roue en prenant en charge une vingtaine de patients en hébergement.

«C'est important que les médecins s'impliquent. J'ai décidé de faire ma part parce que cette clientèle de gens âgés est parmi la plus vulnérable de la société. Les ressources en hébergement sont souvent les seules places où ils peuvent recevoir des soins, mis à part l'urgence», a-t-il conclu.

Notons en terminant que c'est la deuxième urgence de la région qui doit diminuer ses services après le Centre Laflèche à Shawinigan, dont la clinique ambulatoire est actuellement fermée le dimanche. Le CHRTR tiendra un point de presse ce matin pour commenter la situation.

 

 

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