Tout en saluant le travail colossal des fonctionnaires, ses membres ont tourné en dérision plusieurs des intentions contenues dans le volumineux document. Ils ne se sont pas gênés non plus pour faire des comparaisons avec d'autres politiques municipales plus sérieuses et surtout plus crédibles, à leur avis.
Or, la crédibilité, c'est justement ce qui manque au conseil municipal en matière d'environnement, a déclaré d'entrée de jeu, l'économiste Alain Dumas, porte-parole de la coalition.
Ce dernier était entouré de l'agronome Pierre Ferron, de l'architecte André Carle, de l'architecte-paysagiste Gaston Hogue, de Ghislaine Boisvert du boisé des Estacades et de Pierre-Michel Tardif du projet de réserve naturelle des Forges.
Ils ont rappelé que la coalition avait suivi toutes les étapes de l'élaboration de cette politique. En tout, elle a présenté neuf documents, mais aucun de ses membres n'a été invité à faire partie de la table de consultation «volet citoyen» ni même simplement à assister au lancement de la politique.
La ville de Trois-Rivières a beau avoir une politique sociale qui encourage «la participation citoyenne», les membres de la coalition verte ont vite réalisé qu'elle préférait les citoyens qui sont d'accord avec elle.
D'ailleurs, seules deux personnes représentaient les citoyens sur le comité, a-t-on fait remarquer, et il s'agissait d'anciens conseillers municipaux des ex-villes, restés proches de l'actuel conseil.
M. Dumas a qualifié la politique de développement durable «d'occasion ratée de poser des gestes concrets pour protéger les milieux naturels encore viables.»
M. Ferron a souligné pour sa part que ce que la Ville entend protéger... l'était déjà par plusieurs réglementations fédérales ou provinciales.
«C'est un simple document, sans protection concrète et réelle sinon déjà connue, a noté M. Dumas. On y trouve beaucoup de bonnes intentions, de bons principes directeurs, des bons voeux, mais on est stupéfaits de constater que la Ville ne fait que retarder des échéances pour la protection des milieux naturels. À toutes fins pratiques, ce document propose de refaire le travail, en mettant sur pied un comité de suivi de la politique de développement durable. «
Pour les membres de la coalition, il ne fait aucun doute que la politique vient surtout permettre à la Ville d'agir rapidement dans les secteurs sensibles où elle veut faire du développement résidentiel ou industriel, ce qui laisse les sept écho-territoires gravement menacés. Certains représentés sur une carte seraient d'ailleurs déjà amputés.
Selon M. Ferron, les filtres naturels d'eau de Pointe-du-Lac et de Cap-de-la-Madeleine sont actuellement en danger.
Quant à la théorie suivant laquelle pour chaque hectare développé, un hectare sera protégé, la coalition fait remarquer qu'il faudrait surtout tenir compte de la qualité au lieu de la quantité et n'y voit que de la poudre aux yeux.
Devant ces faits, ses membres disent ne pas avoir d'autres options que de surveiller l'application de cette politique... mais ils ne se font pas trop d'illusions.











