Le député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, s'était déplacé à Shawinigan pour cette importante annonce. Il portait la bonne nouvelle au nom du ministre canadien de l'Environnement et ministre responsable de Parcs Canada, Jim Prentice. L'annonce s'inscrit dans le cadre du Plan d'action économique du gouvernement fédéral.
Ainsi, M. Blaney a dévoilé le versement d'une subvention de 1,25 million $ pour bonifier les infrastructures récréatives.
Cette enveloppe servira notamment à agrandir le pavillon multiservices de Rivière-à-la-Pêche, le quartier général des amateurs de ski de fond.
L'ajout d'une annexe permettra de doubler la superficie d'accueil. Une aire de repas, une cuisinette, des vestiaires, des salles de douches et un poste de premiers soins s'ajouteront aux services déjà disponibles. La partie existante sera transformée en coin de repos avec foyer, écran et exposition. La salle de fartage sera aussi améliorée. Parcs Canada s'apprête à lancer l'appel d'offres pour ces importants travaux.
Les infrastructures de camping seront également bonifiées grâce à cette subvention. Des bâtiments de service seront réparés, des équipements sanitaires seront remplacés, des aires de jeu seront rafraîchies, des emplacements seront améliorés, des foyers seront remplacés et des points d'eau seront ajoutés. Ces travaux s'amorceront cet automne et se termineront l'an prochain.
Les gîtes Wabenaki et Andrew recevront aussi une attention particulière, avec la réfection de leur toit dès ce printemps.
La plus grosse partie de l'aide financière accordée hier, soit 3,2 millions $, visera à améliorer de façon significative l'intégrité des écosystèmes aquatiques et forestiers par des interventions de restauration sur une dizaine de lacs. Des brûlages dirigés sur 2400 hectares sont aussi prévus, pour assurer la régénération du pin blanc et le retour à une structure d'âge plus naturelle des forêts du parc.
De plus, l'expérience éducative sera bonifiée par la création de nouveaux sentiers d'interprétation, l'amélioration de l'accessibilité à plusieurs plages et le développement de nouveaux outils multimédia pour la découverte de ce territoire protégé.
La mairesse de Shawinigan, Lise Landry, avait interpellé les partis fédéraux sur l'importance de rajeunir les installations du parc national, lors de la dernière campagne électorale. Elle accueillait donc ces millions avec le sourire aux lèvres.
«Shawinigan entend devenir, d'ici 2020, le coeur naturel du Québec», rappelle-t-elle. «Le Parc national de la Mauricie sera sans doute son poumon.»
Beaucoup de compétition
Le directeur du Parc national de la Mauricie, Thierry Bouin, est épaté par l'ampleur de l'aide apportée. «Notre budget d'exploitation tourne autour de 5,4 millions $ par année», illustre-t-il. «En annonçant 4,5 millions $ additionnels, c'est vraiment important. C'est le genre d'aide qui n'arrive pas tous les jours! Habituellement, nous prévoyons 500 000 $ en projets de réfection à chaque année.»
Le Parc national de la Mauricie accueille annuellement environ 170 000 visiteurs, principalement en été. Seulement 25 000 personnes franchissent les guérites pour pratiquer le ski de fond ou la raquette pendant la saison froide, une période qu'il faut exploiter davantage, reconnaît M. Bouin.
Si on recule une dizaine d'années en arrière, jusqu'à 220 000 visiteurs étaient recensés. De récente mémoire, les étés pluvieux, le prix de l'essence et la parité du dollar canadien avec le billet vert ont nui aux affaires.
«Il existe aussi des produits compétitifs», convient M. Bouin. «Les investissements nous permettront de démontrer qu'on veut offrir de nouveaux services à nos visiteurs.»
Une cure de Jouvence en milieu naturel
En fait, ces actions visent à restaurer ces milieux naturels, gênés par l'exploitation forestière et la drave pratiquées sur ce territoire avant d'être protégé.
«Les lacs et les cours d'eau du parc ont été aménagés pour faciliter le flottage du bois et de nombreux barrages ont été érigés», rappelle Thierry Bouin, directeur du Parc national de la Mauricie.
«Des milliers de billes de bois se sont accumulées au fond des lacs, altérant la qualité des habitats aquatiques. À cela, il faut ajouter l'introduction d'espèces indésirables de poissons durant la période des clubs de chasse et pêche, qui ont fait disparaître ou menacent de faire disparaître de nombreuses populations de truites mouchetées.»
Or, depuis 2004, plus de 12 000 billots et 3500 troncs d'arbre ont été retirés de sept lacs, ce qui représente le nettoyage de plus de dix kilomètres de berges et de plages.
Les espèces de poissons exotiques ont été éliminées dans sept lacs. Plus de 1800 truites ont été capturées et envoyées en élevage afin de produire la prochaine génération qui servira à repeupler cinq lacs en 2009 et 2010.
De plus, près de 30 000 alevins de truites ont été réintroduits dans le lac Tessier, où cette espèce était disparue depuis une cinquantaine d'années. Enfin, deux barrages ont été détruits et cinq autres le seront cette année.
En marge de l'annonce d'hier, pas moins de 13 000 truites mouchetées ont été mises à l'eau dans trois lacs.
Toutes ces activités de restauration font l'objet d'un suivi environnemental et sont encadrées scientifiquement par des chercheurs universitaires spécialisés dans les milieux aquatiques. Parmi eux, on note la présence du docteur Pierre Magnan de l'Université du Québec à Trois-Rivières et des docteurs Louis Bernatchez et Louise Filion de l'Université Laval.
Concours
Le Parc national de la Mauricie avait lancé deux concours dans les écoles de la région pour sensibiliser les jeunes à la protection du patrimoine naturel et des écosystèmes aquatiques. Les gagnants ont été dévoilés hier matin.
Dans un premier temps, «Artistes de souche» a permis à 315 enfants de réaliser une sculpture à partir de vieilles souches biscornues retirées des lacs.
L'oeuvre gagnante, intitulée Le poisson-bois, a été réalisée par Simon Cournoyer, Megan Oswick, Camille Lefebvre, Élie P. St-Arnault, Zachary St-Pierre et Jacob Hélie, de l'école La Tortue des bois de Saint-Mathieu-du-Parc.
Le deuxième concours s'adressait aux élèves du secondaire et près de 350 d'entre eux ont réalisé une affiche sur le thème de la protection des écosystèmes aquatiques. Léa Desaulniers et Claudia Belzil Lacroix, de l'école secondaire Val-Mauricie, ont remporté le premier prix.











