Rejoint hier après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, rappelle en effet que son gouvernement n'a pas de baguette magique et que l'annonce tant attendue dans la région ne réglerait pas le problème puisque la construction durerait deux ou trois ans de toute façon. Qui plus est, le dossier est toujours entre les mains de l'Agence de santé, qui serait en train de finaliser certains détails.
Toutefois, le ministre Bolduc a laissé entendre que le projet de construction d'un CHSLD de 160 lits sur le site de la Résidence Cooke devrait faire, quant à lui, l'objet d'une annonce prochainement. «Je suis en train de finir d'attacher le dossier. Je tiens à le rappeler: il est prioritaire pour moi», a-t-il mentionné.
Selon le ministre Bolduc, qui a visité dernièrement le CHRTR dans le cadre de sa tournée des urgences les plus problématiques du Québec, il n'y a pas lieu d'envisager une éventuelle rupture de services à l'urgence du CHRTR. «Je ne dis pas que c'est impossible mais je dis que ce n'est pas acceptable. C'est un hôpital avec une mission régionale, donc on ne peut pas se permettre une rupture des services. Il ne faut pas semer de panique. Un plan de contingence peut être mis en place et à ce que je sache, il n'y a pas qu'un seul médecin sur place. De jour, ils sont trois ou quatre. Ils doivent cependant revoir certaines choses sur le plan de l'organisation du travail. Il y a quand même une différence entre l'urgence du CHRTR et celle du Centre Cloutier-du Rivage qui est davantage une clinique externe», a-t-il mentionné.
Le ministre estime d'ailleurs que ce n'est pas en démissionnant que les médecins vont aider le milieu dans la recherche de solutions. «Il faudra travailler ensemble. Le ministère à lui seul ne peut pas faire de magie», a-t-il ajouté.
Il soutient que les solutions passent par trois éléments-clé: la création d'une unité de décision clinique près de l'urgence, une meilleure prise en charge de la clientèle de longue durée par le médecin et bien sûr la construction du CHSLD de 160 lits.
L'unité de décision clinique, qui est en quelque sorte une unité de débordement, devrait être mise en place au cours des prochains mois. Cette unité comptera une dizaine de lits installés au sous-sol et permettant la prise en charge de patients pour une période de 24 heures à 72 heures, ce qui permettrait de libérer des civières à l'urgence pour les patients nécessitant des soins moins soutenus.
En ce qui concerne la prise en charge des patients en attente de ressources en hébergement et en réadaptation, le ministre Bolduc soutient qu'une organisation du travail plus efficace qui tient compte des priorités et un meilleur soutien de la communauté sont essentiels. «Les médecins des CSSS doivent par exemple revoir leurs priorités de façon à prendre en charge une trentaine de patients supplémentaires. Ce n'est pas énorme: ça représente quelques heures de plus», a-t-il suggéré.
En fait, le Dr Bolduc croit que le palmarès des urgences de La Presse, qui a baissé la cote du CHRTR, est davantage en cause dans la sortie publique de la direction de l'établissement. «Elle a voulu expliquer pourquoi l'urgence avait autant de difficultés. Toutefois, il ne faudrait pas oublier que les statistiques à l'origine de ce palmarès sont antérieures au 31 mars 2009. Ça s'est amélioré depuis ce temps. Et lorsque je suis allé au CHRTR, les médecins m'ont surtout parlé de l'unité de décision clinique. C'est ce qu'ils veulent eux aussi», a-t-il conclu.
Une annonce d'ici la fin du printemps?
À ce jour, le projet de construction du CHSLD de 160 lits à Cooke semble avoir une nette longueur d'avance sur l'éventuelle phase II du CHRTR.
Comparativement au ministre de la Santé le Dr Yves Bolduc, qui est demeuré évasif sur le moment d'une annonce, la députée de Trois-Rivières Danielle Saint-Amand s'est montrée plus précise.
«Le projet de 160 lits est entre les mains du ministre et je suis confiante d'avoir une annonce d'ici la fin du printemps», a-t-elle précisé.
On sait que la construction a été retardée notamment en raison d'un dépassement moyen de 4,9 millions $ par rapport aux prévisions du budget initial de 23 millions $. Le Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières a donc refait ses devoirs pour ensuite déposer une demande de rehaussement budgétaire de 4 millions $ supplémentaires auprès de l'Agence de santé afin de mener à terme son projet de construction, dont la facture totale s'élève finalement à 27 millions $.
Mme Saint-Amand a dit comprendre ce que vivent les médecins et les infirmières. «Je suis derrière eux, c'est important qu'ils le sachent. Et je peux comprendre dans les circonstances qu'ils ont surtout besoin de voir la lumière au bout du tunnel et d'avoir l'impression que ça va s'arrêter», a-t-elle ajouté.
Elle rappelle en ce sens que des pas concrets ont pourtant été faits puisque la couverture médicale serait meilleure qu'avant. «À la Résidence Cooke, la majorité des lits sont occupés, ce qui est bon signe. En fait, nous tirons tous la couverture du même bord et des gestes concrets devraient être portés rapidement», a-t-elle conclu.












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