Selon la preuve présentée par Me Benoît Larouche, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, les deux enfants, l'un de 2 ans et l'autre de 4 ans, auraient été victimes de gestes répréhensibles de la part de l'éducatrice.
La mère du garçon de deux ans a expliqué au juge Jacques Lacoursière que le 2 novembre 2007, elle s'est présentée comme à son habitude à la garderie de la rue Vachon (secteur Cap-de-la-Madeleine). Chantal Geneau y était pour s'occuper de la pause des enfants. En fait, elle était occupée à habiller un groupe d'enfants qui s'apprêtait à sortir dehors. La mère lui a demandé si c'est elle qui travaillait toute la journée. L'éducatrice lui a répondu qu'elle avait bien assez de prendre charge des enfants lors de pauses. Selon la mère, elle paraissait exténuée, d'autant plus que certains enfants s'amusaient avec des jouets alors qu'ils devaient plutôt s'habiller. La mère dit avoir offert son aide mais l'éducatrice a refusé. La maman a appris que son fils et un autre bambin présentaient des problèmes de comportement.
Trouvant plutôt singulière l'attitude de Chantal Geneau, la mère a demandé à voir la directrice du CPE. Une rencontre a finalement pu se tenir le 7 novembre. Selon la mère, elle a expliqué à celle-ci qu'elle n'aimait pas l'attitude de Mme Geneau et qu'elle trouvait déplorable qu'elle viole le caractère confidentiel des dossiers des enfants en mentionnant qu'un autre enfant avait des problèmes de comportement.
Le 8 novembre, la mère va reconduire son petit garçon à la garderie. En milieu d'après-midi, elle reçoit un appel pour lui dire de venir chercher l'enfant qui se plaignait de douleurs à un bras. En arrivant à garderie, la mère constate que le bras gauche de son enfant est allongé et immobile. L'enfant lui dira dans son langage «bobo bras». La mère fait voir son enfant par un médecin qui conclut à une luxation du coude gauche. Des explications sont demandées par les parents, mais on leur répond qu'il n'y a pas eu de rapport d'accident.
Hier, Karine Bernier, une éducatrice qui oeuvrait au même endroit que Mme Geneau au moment des faits, a dit que l'enfant lui a dit avoir mal à une main en matinée mais elle a précisé qu'il n'y avait rien de visible. Plus tard dans l'avant-midi, l'enfant a trébuché sur le contour d'une aire de jeux mais, encore là, pas de signes visibles de blessures. L'enfant a pris son repas avec le reste de son groupe et a fait la sieste ensuite. Vers 14 h, il s'est réveillé en se plaignant de douleurs au bras gauche. Mme Bernier s'est rappelée que Chantal Geneau s'était informée à l'heure du midi pour savoir si l'enfant s'était plaint de douleurs au bras. Mme Bernier lui avait répondu que non.
Me Maryse Brouillette, la procureure de Mme Geneau, a fait dire à la mère qu'un plan d'intervention avait dû être préparé pour son enfant du fait qu'il avait tendance à mordre et à pousser d'autres enfants de son groupe. Ce plan a cependant été organisé deux mois après les incidents.
Ce procès se poursuivra aujourd'hui avec l'audition de la preuve concernant l'autre victime alléguée, un enfant de 4 ans.











