Ces résultats sont on ne peut plus normaux, croit-il compte tenu qu'on ne parle plus vraiment de souveraineté aux Québécois depuis des années. «On obtient toujours les mêmes résultats, jusqu'à ce qu'on en parle véritablement», observe-t-il.
Cela dit, le député de Saint-Maurice croit fermement que le moment est tout à fait choisi de relancer les discussions, et ce sans grands risques, estime-t-il, de retomber dans les querelles constitutionnelles et de lasser les Québécois. Il en donne comme preuve l'écoute exceptionnelle qu'ils ont démontré dans le dossier des accommodements raisonnables et dans celui, plus récent, des déboires de la Caisse de dépôt du Québec.
En relançant les discussions sur les champs de compétence du Québec, explique-t-il, le parti prend de l'avance et se positionne pour les prochaines élections. «On ne pourra nous reprocher de ne pas en avoir parlé avant», confie-t-il.
Par ailleurs, Claude Pinard est convaincu que le Parti québécois peut faire consensus au Québec sur le rapatriement de certains pouvoirs, comme la question du rapport d'impôt unique par exemple. «Le Québec doit s'imposer et ne pas laisser le fédéral dicter ses règles, sous peine de redevenir une province comme les autres (...) une nation, ce n'est pas que des mots», prévient-il.
Lorsqu'on lui demande s'il croit réellement que les Québécois ont envie de relancer des débats constitutionnels, il répond qu'ils suivront le Parti québécois, entre autres sur la question de la langue tant il est évident que le Québec a connu des reculs en cette matière et par conséquent, en matière de culture. «Ce n'est pas un débat inutile ni stérile. Et à ceux qui disent qu'on devrait d'abord s'occuper d'économie, je réponds comme M. Parizeau qu'on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. Et je pense que le moment est propice compte tenu que nous sommes dans l'opposition.»
La députée de Champlain, Noëlla Champagne, tient sensiblement le même discours. Elle n'est guère étonnée des résultats du sondage, car dit-elle, le Parti québécois qui a connu des déboires ces dernières années (perte de pouvoir, changement de chef, deuxième opposition officielle) a eu bien des chats à fouetter.
«Sans compter que la société civile a été attaquée de toutes parts (par les libéraux), je crois que ce fut le plus gros automne de ma vie», se souvient-elle. Mais le moment est venu, estime-t-elle, de faire oeuvre de pédagogie et de remettre l'ouvrage sur le métier. Le plan Marois est une bonne façon de le faire, croit-elle.
«Il y a eu du relâchement et un peu d'attentisme. Ce que Pauline Marois nous dit, c'est que ce temps-là est fini,» résume-t-elle.
Pour sa part, Jean-Martin Aussan, dans Nicolet Yamaska, membre du Comité souveraineté, préfère ne pas commenter les sondages. Il espère que la relance du débat constitutionnel contentera toutes les factions du parti... même si manifestement ce n'est pas le cas. «Ce plan est la bonne approche, croit-il, c'est l'aboutissement des travaux du comité. C'est sûr qu'il y a des idées là-dedans qui ne datent pas d'hier. Rien n'empêche qu'entre deux référendums, on puisse aller chercher des nouveaux pouvoirs, et ce pour tous les Québécois.»
M. Aussan insiste, le Plan Marois est à l'avantage des Québécois de toutes allégeances, ne serait-ce que pour la question du rapport d'impôt unique, ce qui peut faire économiser près d'un milliard de dollars.










