La construction devait commencer à l'automne et se terminer en janvier 2011. Toutefois, mis à part le coût du projet qui est passé de 23 millions $ en 2006 à 31,5 millions $ et quelques changements mineurs apportés aux plans initiaux datant de 2005, cette conférence de presse avait un air de déjà vu.
La ministre déléguée aux Services sociaux Lise Thériault, la députée de Trois-Rivières Danielle Saint-Amand, le président-directeur général de l'Agence de santé Jean-Denis Allaire, et Yves Bouchard, président du conseil d'administration du CSSS de Trois-Rivières ont eu beau clamer haut et fort que cette fois-ci était la bonne, le scepticisme était au rendez-vous, non sans raison d'ailleurs.
Le projet de construction d'un CHSLD date de 1998. En 11 ans, il a fait l'objet de plusieurs conférences de presse et annonces officielles. Le plus récent délai date de 2008 lors d'un appel offres qui s'était terminé avec un dépassement moyen de 4,9 millions $ par rapport aux prévisions du budget initial de 23 millions $.
Le CSSS avait alors refait ses devoirs et procédé à quelques changements mineurs dans les plans initiaux. La toiture en pente avait été remplacée par un toit plat, certains éléments de décoration avaient été enlevés et les revêtements de sol avaient entre autres été modifiés.
On avait ensuite fait une demande de rehaussement budgétaire de 4 millions $ supplémentaires auprès de l'Agence de santé afin de mener à terme un projet de construction dont le coût s'élevait désormais à 27 millions $.
Or, cette fois-ci, on ne veut plus courir aucun risque. L'investissement total sera de 31,5 millions $, financé en presque totalité par le ministère de la Santé et des Services sociaux, à l'exception d'une tranche de 1,3 million $ fournie par le CSSS et sa Fondation.
Le coût du projet inclut par ailleurs les taxes, ce qui n'était pas le cas dans le passé, et un montant réservé pour la contingence des travaux et des imprévus. Enfin, au lieu de se baser sur le plus bas soumissionnaire du dernier appel d'offres, on a plutôt tenu compte de la médiane des soumissions.
Le projet continue néanmoins à susciter des doutes. C'est le cas pour Claire Montour, présidente du Syndicat des infirmières (SIIIACQ).
«Je ne croirai pas au projet tant que les fondations ne seront pas creusées dans le sol», a-t-elle indiqué.
Comment avoir la certitude que cette fois-ci serait la bonne? La ministre jure que le CSSS a bien fait son travail cette fois-ci et qu'il ne devrait plus y avoir de mauvaises surprises.
«Le projet entre dans sa phase finale. Je sais que cette fois-ci est la bonne. La livraison est prévue pour janvier 2011», a-t-elle promis.
Yves Bouchard, du CSSS de Trois-Rivières, a toutefois été plus convaincant. «Il reste encore quelques étapes à franchir dont les appels d'offres. Il faut rester prudent mais je suis prêt à m'étirer le cou sur la bûche tant j'ai confiance», a-t-il mentionné.
Un milieu de vie amélioré...
Ce nouveau CHSLD améliorera grandement les conditions d'hébergement des personnes en perte d'autonomie mais n'aura pas un effet direct sur les problèmes d'engorgement à l'urgence.
Comme cela a déjà été dit et redit, la nouvelle construction sur deux étages, d'une superficie de 12 000 mètres carrés, n'entraînera pas une augmentation du nombre de lits en CHSLD sur le territoire mais plutôt du nombre de chambres. En effet, la totalité des 119 lits de la résidence Joseph-Denys seront relocalisés dans la nouvelle résidence et les 41 autres places proviendront des résidences Cooke et La Providence.
Comme l'a précisé Mario Lessard, directeur des services techniques au CSSS, on y trouvera aussi plusieurs salons sur chaque étage de même que des salles à manger qui permettront d'offrir le service aux tables lors des repas. «Il y aura une salle de toilette commune pour deux chambres. La résidence sera plus étendue, plus spacieuse, avec plus de fenêtres et de terrasses permettant la vue sur l'environnement extérieur», a-t-il précisé.
On parle donc de réaménager les places existantes afin d'améliorer le milieu. La ministre déléguée aux Services sociaux Lise Thériault, admet que cela ne réglera pas les problèmes d'engorgement à l'urgence du CHRTR.
«Ce n'est pas seulement une question de places en hébergement. Il faut aussi des médecins pour s'en occuper. Notre gouvernement mise également sur le maintien à domicile et les ressources intermédiaires», a-t-elle précisé.
Pour sa part, la députée de Trois-Rivières Danielle Saint-Amand, a rappelé que le nouveau CHSLD respectera les pratiques et les normes les plus récentes en matière d'aménagement en soins de longue durée.
«On n'y trouvera que des chambres simples, faites en respect de la dignité et de l'intimité des personnes hébergées. Il n'y aura pas de lits ajoutés mais ce réaménagement devrait diminuer la pression sur l'urgence en facilitant certaines conditions d'admission en hébergement. L'unité de décision clinique, qui devrait être mis en place d'ici juillet au CHRTR, devrait également aider», a-t-elle conclu, tout en rappelant que le projet de phase II était toujours à l'étude.











