L'individu est d'avis que le centre de santé mentale Sainte-Thérèse de Shawinigan est pleinement en mesure de le détenir puisque cette institution dispose de locaux à sécurité élevée. À ce sujet, Me Jean-François Bouvette, le procureur aux poursuites criminelles et pénales chargé du dossier, a émis des réserves en ce sens que le plus haut tribunal au pays n'accepte pas habituellement d'entendre des dossiers qui ont fait l'objet d'une décision unanime des juges de la Cour d'appel. À toute éventualité, Alain Piché dispose de soixante jours pour présenter sa requête.
La semaine dernière, de façon unanime, trois juges du tribunal d'appel ont ordonné le transfert rapide d'Alain Piché, forts notamment d'une correspondance du médecin-psychiatre Marie-Frédérique Allard leur signalant qu'il n'était plus possible de traiter ce patient à Sainte-Thérèse compte tenu du fait que l'individu avait coupé les ponts avec le personnel traitant.
Me Jean-François Bouvette avait auparavant démontré qu'Alain Piché représentait toujours un danger pour la société citant le fait que le 19 mars dernier, il avait mis le feu à un sac de vêtements alors qu'il était détenu à Sainte-Thérèse. Dans la même décision, les juges d'appel avaient ordonné qu'une nouvelle audition soit tenue par la Commission d'examen des troubles mentaux et qu'un nouveau groupe de trois commissaires soit affecté au dossier. Cela fait suite au fait qu'en janvier dernier la commissaire Lucie LeFrançois avait rejeté de façon cavalière une demande de report d'une audition de Me Bouvette du fait que son témoin expert de la poursuite n'était pas disponible ce jour-là.
«Pas à vous de me dire comment plaider»
Alain Piché, comme à son habitude, était bien préparé pour son enquête sur cautionnement. À l'évidence, il s'était préparé un plan de match et il s'y tenait minutieusement. Voulant l'aider, le juge Poudrier lui a fourni certaines informations sur la manière de procéder. Spontanément, l'accusé lui a répliqué: «...ce n'est pas à vous de me dire comment plaider.»
Comme il l'avait fait la semaine dernière, Alain Piché a répété qu'il avait une adresse judiciaire au pavillon Sainte-Thérèse, son lieu de résidence déterminé par la Commission d'examen des troubles mentaux.
Il faut comprendre ici qu'Alain Piché n'aurait pas repris véritablement sa liberté advenant une décision favorable du tribunal. Il aurait été gardé à Sainte-Thérèse comme il en a exprimé le souhait.
Pas de remise en liberté
Son voeu n'a pas été exaucé et il devra attendre en établissement de détention la tenue de son enquête préliminaire prévue pour 13 juillet. Le juge Richard Poudrier a refusé de remettre l'accusé en liberté au terme de l'enquête sur cautionnement tenue au palais de justice de Shawinigan. La semaine dernière, le procureur de la poursuite avait déposé une nouvelle plainte de méfait causant un incendie. Comme la juge Dominique Slater l'avait fait pour une accusation de crime d'incendie, le juge Poudrier a conclu que le fait d'avoir mis le feu dans le lieu même où l'accusé était détenu dénotait à ses yeux un degré de dangerosité non négligeable. Les deux accusations sont semblables et font référence au même événement.











