Pinard qualifie le départ de Legault d'événement majeur

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Pinard qualifie le départ de Legault d\'événement majeur

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Claude Pinard

Photo: Ève Guillemette

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le député de Saint-Maurice, Claude Pinard,  a qualifié la démission du député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances,  François Legault «d'événement majeur» pour le Parti québécois, un événement «qui fait très mal à l'aile parlementaire».

«Le Parti québécois vient de perdre un très gros morceau, a-t-il déclaré. Sa crédibilité sur le plan économique était très grande comme les Québécois ont pu le voir ces derniers mois. Ce fut aussi un bon ministre que ce soit à la Santé ou à l'Éducation.»

Se disant peiné et triste, le député de Saint-Maurice qui était un supporteur en 2005 de la candidature de François Legault dans une course à la direction du Parti québécois, (à laquelle il n'a finalement pas pris part) partage toutefois personnellement le dur constat du député démissionnaire que ce soit au sujet de l'état des finances du Québec ou de l'indifférence des Québécois.

«J'étais heureux de retravailler avec lui, car je siégeais avec François Legault au comité des finances publiques en plus de Jean-Martin Aussant. Il défendait des convictions profondes et que je partage, suivant lesquelles on se dirige vers des problématiques majeures avec l'endettement actuel du Québec. On ne respecte plus la génération qui nous suit.»

Par ailleurs, M. Pinard s'est dit lui aussi désemparé devant l'indifférence des Québécois face aux messages lancés par le Parti québécois.

«Le gouvernement libéral actuel n'est pas un gouvernement qui se bat pour maintenir ou accentuer les pouvoirs du Québec. On ne sent pas que la population est interpellée par cela ni qu'elle veut nous suivre dans ces débats-là.»

Claude Pinard avoue qu'en ce sens il ne peut que reconnaître la justesse des derniers sondages plutôt favorables aux libéraux.

«C'est un peu navrant pour nous autres. François était parmi les meilleurs combattants. Jour après près jour, on critique les politiques du gouvernement en place, on dénonce ses politiques, on critique son éthique, on s'inquiète du niveau d'endettement. Mais la population ne nous suit pas. On ne la sent pas. Mais qu'est-ce qu'il va falloir qu'on fasse? La Caisse de dépôt c'était 40 milliards $! Non mais qu'est-ce que ça va prendre?»

Selon Claude Pinard, les gens sont allés voter à la dernière élection et on mis la question politique à off depuis.

 «C'est comme si la population ne suivait pas l'actualité politique. On dirait que les gens se sentent impuissants et qu'ils attendent simplement les prochaines élections.»

Claude Pinard veut bien admettre que le dernier plan Marois n'a rien pour exciter l'électorat mais, se défend-il, il y a quand même là des pistes d'action.

«Si les gens ne veulent plus rien remettre en cause, ne veulent plus discuter, on s'en va vers un échec total, s'inquiète-t-il. Il faut avoir cette discussion avant le prochain rendez-vous électoral. Comme ça, ils sauront où s'en va le parti.»

Quant au leadership de Mme Marois, Claude Pinard ne le remet pas en question et il est convaincu que François Legault ne le remet pas en cause lui non plus, même si son départ arrive à un bien mauvais moment pour la chef péquiste qui vient de perdre deux élections complémentaires (dont une presque acquise) et qui ne se démarque pas dans les derniers sondages.

Compte tenu des trois années à venir dans l'opposition, il dit comprendre que le député de Rousseau veuille se rapprocher de sa famille et retourner au privé... en espérant le croiser de nouveau un jour.

Jean-Martin Aussant

Le député de Nicolet-Yamaska et porte-parole en matière d'institutions financières, Jean-Martin Aussant, qui a siégé à plusieurs commissions avec François Legault, a qualifié d'énorme perte pour le Parti Québécois le départ du critique des Finances.

M. Aussant a ajouté qu'il peut comprendre la fatigue du député après 6 ans d'opposition alors qu'il a déjà connu le pouvoir.

«Je pense que ses raisons sont tout à fait sincères. Mais on ne peut nier que c'est une perte pour le Parti québécois. J'aurais préféré qu'il reste mais sa décision était prise.»

Il ajoute qu'il partage la préoccupation de l'ex-député de Rousseau sur l'endettement du Québec. «C'est d'ailleurs pourquoi on a tout fait pour que le projet de Loi 40 ne passe pas. Ce projet de loi aurait eu comme conséquence d'empirer encore la situation actuelle. Le retour à l'équilibre devrait être une priorité pour le gouvernement. Or, on voit que ce n'est pas le cas.»

Quant au cynisme qui semble prévaloir chez les Québécois et que dénonce M. Legault, M. Aussant réplique que si les Québécois n'écoutent plus, c'est d'abord le problème des politiciens. Il dit comprendre que certains événements aient provoqué ce cynisme mais, insiste-il, la grande majorité des parlementaires sont des gens consciencieux et intègres.

«Il faut simplement essayer de rejoindre davantage la population, mais si les gens ne veulent plus écouter, je pense que c'est aux politiciens de se poser des questions», a-t-il déclaré.?

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