Pour y arriver, l'organisation latuquoise mettra en branle un projet évalué à 2,5 millions de dollars. Québec, par la ministre régionale Julie Boulet, est venu annoncer hier une aide qui frôle le demi-million de dollars, puisée dans une enveloppe prévue à cet effet par le ministère de la Santé.
D'ici la fin de l'année, les études en cours seront terminées et dès l'hiver 2010, le chantier sera lancé. Et il sera de taille, puisqu'une turbine hydroélectrique sera installée au sein même du complexe hospitalier. L'eau non potable, acheminée d'un lac voisin, servira à faire du CSSS un fournisseur indépendant d'électricité.
«On va produire de l'électricité, mais pour une partie de l'établissement seulement. On ne pourrait pas alimenter la ville au complet, mais ça va faire une différence», explique Olivier Matte, de la firme Écosystème ayant obtenu l'important contrat au terme d'un appel d'offres.
La réfection et les travaux iront plus loin encore. Tout y passera: l'éclairage, la ventilation, le système de chauffage et le service de buanderie subiront des modifications. À terme, les émanations de gaz carbonique seront réduits de 50 %, prévoit-on.
«Ça représente 370 véhicules de moins et 12 000 tonnes métriques de CO2 par année», a fait remarquer le président du CSSS du Haut-Saint-Maurice, Jacques Fraser, en s'adressant à la ministre des Transports assise à ses côtés.
L'investissement sera donc massif, mais rapportera, à terme, ses dividendes. «D'ici sept ans, nous aurons un retour sur l'investissement», promet Yves Tessier, responsable technique pour le CSSS dans ce projet.
«Et ce qu'on va faire, c'est retourner l'argent directement dans la communauté latuquoise. On va s'assurer que le montant soit investi dans la santé», ajoute Jacques Fraser.
Résultat: la ministre Boulet a été séduite, d'autant que l'initiative provient du milieu et non du gouvernement, qui agit en soutien seulement. «On a une loi sur le développement durable et sur la stratégie énergétique. Notre responsabilité, c'est de laisser une planète plus verte aux générations futures. Et ici, on pose un geste qui a une portée significative», estime-t-elle.
Hausse des coûts
Dans un autre ordre d'idée, Julie Boulet a dit hier espérer des avancés sous peu dans le projet d'agrandissement que caresse le CSSS du Haut-Saint-Maurice. Pour l'instant, celui-ci est toujours sous analyse à l'Agence régionale, puisque les coûts estimés seraient passés à 24 millions $, en lieu et place des 15 millions $ prévus au départ. Des changements apportés aux plans architecturaux, notamment, auraient changé la donne.
«L'Agence essaie de voir comment on pourrait ramener ça vers le montant initial. Mais on aimerait ça aller en soumission à l'automne», explique Jacques Fraser au sujet de ces travaux qui toucheraient l'urgence et le bloc opératoire.
Annonce annulée
Par ailleurs, la ministre libérale a dû annuler une seconde annonce qui devait être effectuée hier dans le secteur forestier. Le fédéral, partenaire dans ce dossier, ne pouvait être présent pour sceller et confirmer publiquement l'entente qui touche les travaux sylvicoles.
Le budget y étant rattaché serait considérable, mais il a été impossible d'en connaître le contenu hier. Or, il s'agirait d'argent neuf et non d'une part de l'enveloppe de 200 millions présentée par les deux paliers gouvernementaux à la mi-mai.









