Au terme de son enquête préliminaire tenue devant le juge Narcisse Proulx au palais de justice de Shawinigan, ce dernier a été convaincu que les éléments de preuve soumis par le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Jean-François Bouvette, étaient suffisants pour justifier la tenue d'un procès.
Deux témoins sont venus expliquer au tribunal avoir aperçu l'accusé près de la salle où le feu a été allumé. L'un d'eux, un patient qui était hébergé dans le même département qu'Alain Piché, a dit avoir vu celui-ci se diriger vers la salle en question. À une question de Piché qui se défend sans avocat, le témoin a toutefois précisé qu'il ne l'avait pas vu entrer ou sortir de la salle. Ce témoin a par ailleurs indiqué qu'il s'était aperçu que le briquet qui était attaché à une chaîne près du fumoir avait disparu. Ce briquet qui a pu servir lors de l'incendie n'a jamais été retrouvé.
Une éducatrice spécialisée, Guylaine Beaumier, qui oeuvre au pavillon Sainte-Thérèse depuis vingt ans, a pour sa part affirmé avoir vu Alain Piché tout près de la scène d'incendie et lui avoir demandé de sortir. Selon elle, le petit local où était concentré le feu était envahi par une fumée dense et une vapeur chaude. Elle croyait qu'il pouvait y avoir quelqu'un d'autre mais, heureusement, outre Alain Piché, les lieux étaient vides.
Les dommages se sont avérés importants du fait qu'un mur a été noirci et que de bonnes quantités d'eau se sont répandues dans les couloirs. Mais en aucun moment la vie des résidants de cette unité médico-légale n'a été mise en danger du fait qu'on a appliqué avec efficacité les mesures d'urgence prévues dans une telle situation. Par ailleurs, à une question de l'accusé, Mme Beaumier a dit que depuis quelques semaines (avant l'incendie), celui-ci avait coupé les ponts avec tout le personnel et qu'aucun contact, même visuel, n'était possible.
Le juge Proulx n'en avait pas besoin davantage pour citer l'accusé à son procès. Alain Piché a choisi un procès devant juge seul dont la date sera déterminée le 1er septembre. D'ici là, la Commission d'examen des troubles mentaux (CETM) tiendra une audience le 27 juillet pour réexaminer le dossier de l'accusé. L'hiver dernier, cette commission avait permis qu'Alain Piché puisse bénéficier de sorties non encadrées. Les commissaires avaient alors refusé d'accorder un délai à la poursuite pour faire entendre un médecin-psychiatre de son choix. Cette attitude rigide de la CETM lui a valu d'être rabrouée par la Cour d'appel qui a par ailleurs cassé la décision de permettre des sorties non encadrées.
Par ailleurs, un imbroglio s'est produit quant à l'interprétation d'une décision de la Cour d'appel. Dans une récente décision, à la demande des autorités du pavillon Saint-Thérèse, cette cour avait ordonné le transfert d'Alain Piché à l'institut Pinel. La poursuite avait cependant plaidé pour que ce transfert ne soit effectif qu'une fois le dossier de crime d'incendie sera réglé. Or, les autorités correctionnelles ont interprété différemment le jugement de la Cour d'appel. Hier, Me Bouvette a obtenu du juge Narcisse Proulx de la Cour du Québec qu'une ordonnance soit rendue pour que Piché soit détenu en établissement correctionnel plutôt qu'à Pinel.
Alain Piché devra d'autre part se présenter en Cour d'appel le 15 septembre pour contester une décision rendue par la cour supérieure le déclarant indigne de toucher l'héritage de ses parents. Piché a tué et décapité ses parents pour finalement être acquitté pour raison de troubles mentaux. Il est détenu en milieu psychiatrique depuis ce crime. Compte tenu du contexte de cette affaire, le tribunal avait conclu que Piché ne pouvait avoir accès à l'héritage de ses parents comme l'avaient réclamé les membres de la famille Piché.
Enfin, Alain Piché a réitéré son intention de demander à la Cour suprême du Canada de casser les décisions récentes de la Cour d'appel dont celle de son transfert à Pinel. Il reste un mois à l'accusé pour faire parvenir son avis d'appel au plus haut tribunal du pays.











