C'est à tout le moins ce qui ressort des «Perspectives démographiques du Québec et des régions», une étude rendue publique hier par l'organisme gouvernemental.
Outre l'âge médian qui connaîtra une hausse marquée, le nombre d'aînés suivra une tangente similaire. Dans deux décennies, le tiers des citoyens de la région aura 65 ans ou plus.
C'est une progression importante: un bond de 15 % qui place la Mauricie en tête du peloton des régions de la province. «C'est l'une des régions où le vieillissement de la population sera le plus accentué», note le démographe Dominique André.
En fait, la région devrait se placer en troisième position, après la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, ce qui n'est pas sans conséquences concrètes. De fait, l'ISQ note «que cette structure vieillissante maintiendra la Mauricie parmi les régions affichant les plus faibles indices de remplacement de la main d'oeuvre».
Par ailleurs, au Centre-du-Québec, cet accroissement sera moindre, mais bel et bien présent. À cette date, le taux, chez les aînés, devrait atteindre les 29 %. On se retrouvera alors au coude à coude avec la moyenne québécoise, fixée à 28 %.
Dans cette lignée, l'Institut prévoit qu'en 2056, 1,5 million d'aînés formeront ce groupe d'âge au sein de la société québécoise. Du coup, le poids démographique doublera.
Un renversement
La population a beau vieillir, elle sera toutefois plus nombreuse dans les prochaines années. Cette croissance démontre un véritable renversement, après des années de prévisions de recul sur le plan démographique.
L'augmentation de l'immigration mais surtout la hausse du nombre de naissances expliqueraient ce revirement de situation.
L'Institut prévoit que la population du Québec atteindra 8 millions d'habitants en 2012 et s'établira à 9,2 millions en 2056. Les dernières perspectives, qui couvraient la période 2003-2053, prévoyaient pourtant un déclin à compter de 2031.
Bien qu'aucune étude ne confirme l'impact des programmes de soutien à la famille, notamment le réseau de services de garde à tarifs réduits et le régime d'assurance parentale, le démographe Dominique André note que l'augmentation de la fécondité coïncide avec leur entrée en vigueur.
Si cela permet d'envisager une situation moins difficile pour le financement des services sociaux, il n'en demeure pas moins que la proportion réduite de travailleurs et le poids croissant des aînés devront se traduire éventuellement par des ponctions accrues auprès des contribuables.
Du côté de l'immigration, l'ISQ estime qu'elle sera la grande responsable de l'accroissement de population à compter de 2029, l'accroissement naturel ne suffisant plus à contrebalan-cer les décès à compter de cette date.
Selon Dominique André, toutefois, cette croissance n'implique pas des augmentations importantes de l'immigration puisque le scénario est basé sur l'entrée annuelle de 47 500 immigrants, alors que le Québec en a accueilli 45 000 en 2008.
Quant à elle, la Mauricie ne compte pas sur l'arrivée de citoyens étrangers pour aider à sa croissance prévue de 5 %. La migration interne en sera plutôt la principale alliée. «Plus les gens vieillissent, plus ils retournent vers la Mauricie», constate le démographe de l'ISQ.
Avec la Presse Canadienne









