En quelques mois seulement, sa cliente est passée du statut de «gestionnaire exemplaire» à celui de «paria».
En septembre 2006, un des coordonnateurs des ressources humaines, Éric Bertiaux, avise Yvon Verrette, que Louise Panneton «avait été complètement blanchie» à la suite de l'enquête découlant de la plainte pour harcèlement psychologique déposée contre elle par Andrée Bonneville.
Lors d'un dîner en compagnie du coordonnateur des ressources humaines, Éric Bertiaux, de Louise Panneton et d'Yvon Verrette, le directeur général de la Ville, Michel Byette, aurait eu des paroles rassurantes pour la greffière de la cour municipale.
Selon Yvon Verrette, Michel Byette aurait dit qu'il considérait que le dossier de la plainte pour harcèlement psychologique était clos, que Louise Panneton était une excellente employée, et qu'il fallait maintenant regarder vers l'avant.
«M. Byette a répété à Louise Panneton des phrases comme «Mets-ça derrière toi. Je suis satisfait de ton travail. C'est des employés comme toi qu'on veut avoir». Il n'y a eu aucun reproche. Même que je dirais que Louise Panneton a été louangée par M. Byette», a expliqué Yvon Verrette hier.
C'est la raison pour laquelle il a trouvé curieux que la plainte pour harcèlement psychologique refasse surface un an plus tard. «Je trouve ça un peu particulier que ce soit le directeur général qui ait ramené le dossier en surface, lui qui disait que ce dossier-là était clos», a ajouté l'ex-président de l'Association du personnel cadre de la Ville.
En octobre 2007, Louise Panneton a été informée par le dg qu'elle était suspendue avec solde, le temps de procéder à une enquête administrative interne. Un rapport intérimaire sur des comportements et des paroles de Me Panneton avait été porté à l'attention de Michel Byette.
«Elle était dans tous ses états d'être suspendue sans trop savoir pourquoi», se souvient Yvon Verrette, avec qui Me Panneton a communiqué dans les instants qui ont suivi la rencontre au cours de laquelle elle a été informée de sa suspension.
«Il y a quelque temps, elle était parfaite et là, ça ne marchait plus», remarque M. Verrette. Selon lui, des suspensions de la sorte ne surviennent généralement que lorsqu'un employé est accusé d'actes criminels ce qui, rappelle-t-il, était loin d'être le cas ici.
Le policier Verrette a eu, tout au long de sa carrière, à mener des enquêtes internes sur le plan disciplinaire, déontologique ou criminel.
«J'avais de la difficulté à comprendre pourquoi ce rapport-là, qui ne contenait pas grand-chose, donnait lieu à une suspension. Selon moi, il n'y avait pas matière à imposer une suspension pendant la tenue de l'enquête», remarque-t-il.
Le témoignage de M. Verrette devant la Commission des relations du travail a aussi permis de mieux suivre le fil de rencontres qui ont été tenues et de rapports qui ont été produits dans le dossier de Louise Panneton.
Il a notamment indiqué à quel point les faits allégués dans le rapport de l'enquête administrative interne étaient «vagues» et «fondés sur peu de choses». «On était dans le néant, avec des petits bouts de phrases qui n'étaient pas mis en contexte», se souvient Yvon Verrette.
Une nouvelle rencontre, qui se voulait une occasion de donner des précisions à ces faits allégués, a eu lieu le 4 avril. Mais pour permettre à Louise Panneton de donner sa version, on a procédé par un questionnaire en quelques points.
«Louise Panneton a travaillé remarquablement fort pour répondre à l'ensemble des questions», précise-t-il en faisant allusion au fait que les événements qui avaient donné naissance à ces phrases ou le contexte derrière certaines actions étaient complètement éludés.
Les audiences de la Commission des relations du travail se poursuivront les 24, 27 et 28 août. C'est à ce moment que la principale intéressée, Louise Panneton, devrait livrer un témoignage attendu.











