Or, aujourd'hui, la jeune femme constate, outrée, que d'autres n'auront probablement jamais à subir le même traitement pour des gestes semblables et répétés.
«Quand j'ai su ça, je suis devenue bleue. J'étais enragée», dit-elle, au sujet de rumeurs entendues depuis son départ, mais aussi quant aux révélations faites au cours des audiences dans le dossier Louise Panneton, selon lesquelles de nombreux billets d'infraction ont été mis de côté, commandes politiques obligent.
Au cours des procédures devant la Commission des relations du travail, le nom de Paskale Méthot est lui aussi ressorti (voir autre texte). Du coup, ce sont tous les souvenirs d'une longue bataille, personnelle comme judiciaire, qui remontent à la surface.
En 2004, une enquête interne avait été lancée à la police de Trois-Rivières pour faire la lumière sur ces allégations.
Plus tard, des accusations criminelles étaient déposées, après que la directeur général de la Sécurité publique Francis Gobeil, dont l'entretien avec le greffier de la Ville a fait beaucoup de vagues ces derniers jours, eut «fortement conseillé» à la jeune policière d'offrir sa démission.
Cette histoire avait alors défrayé la manchette. Et bien que Paskale Méthot ait obtenu une absolution inconditionnelle pour son accusation d'entrave à la justice, le tribunal de l'opinion publique et le jugement de ses pairs ont tout de même tranché en sa défaveur, se souvient-elle.
«J'ai eu l'air d'une criminelle pour une connerie», se désole la jeune femme de 28 ans, qui a donné un nouveau sens à sa vie depuis, en empruntant la voie du doctorat en psychologie à l'UQTR.
Qu'à cela ne tienne, elle ne peut oublier le feuilleton dans lequel elle s'est retrouvée. D'ailleurs, l'ancienne policière espère que la loi s'appliquera pour tous, désormais. Question qu'une directive claire soit émise et qu'il ne demeure plus aucune ambiguïté dans les façons de faire.
Elle doute toutefois qu'une telle chose puisse se concrétiser. «Là, on voit que ces gens-là ne sont pas dignes de confiance. J'aimerais qu'il y ait des accusations comme moi j'en ai eu. Mais je ne me fais pas d'illusions. Je suis persuadée que ça n'arrivera jamais...»
«Mais pourquoi, moi, la petite policière, j'ai été accusée? Je croyais que mon cas devait servir d'exemple», relance-t-elle ensuite, visiblement amère devant la tournure que prennent les événements.
La déchiqueteuse
À ceux qui s'insurgent devant une telle pratique, Paskale Méthot rétorque qu'elle était commune, du temps où elle portait les couleurs de la Sécurité publique de Trois-Rivières, entre 2002 et 2004.
Les proches des policiers ou les collègues profitaient régulièrement de ce privilège, selon sa version des faits. «Des tickets à la déchiqueteuse, on en a vu. Pourquoi pensez-vous que je l'ai demandé?» lance-t-elle.
Son passage devant le tribunal en 2005 aurait toutefois eu pour effet de resserrer les mesures autour de l'attribution et l'annulation des constats.
Un suivi informatique plus exhaustif serait exercé, selon l'ex-agente.
À l'heure actuelle, l'annulation de billets de stationnement ne pourrait se faire qu'avec l'accord du procureur de la Ville, ce qui d'ailleurs fait l'objet de débats devant la Commission actuellement.












