Les gouvernements de Québec et d'Ottawa ont annoncé, hier, une aide financière de 1 748 494 $ pour ce projet.
D'une superficie de 200 mètres carrés, le laboratoire prendra la place occupée actuellement par les ateliers mécaniques de l'université, au sous-sol du pavillon Léon-Provancher.
Selon le professeur Pierre Magnan, cette future installation est la suite logique de la formation du RIVE dont il est le directeur.
C'est que la recherche sur l'écologie des eaux douces et l'approche par bassins versants requièrent des analyses de plus en plus sophistiquées.
On parle de titrages d'ADN et d'ARN, de teneur en phosphore ou en métaux lourds dans l'eau, de suivis des sédiments, des isotopes stables ou bien d'évaluations des éléments nutritifs dans les écosystèmes aquatiques, pour ne citer que quelques exemples.
«Le problème, c'est que dans certains types d'analyses, le Québec a atteint sa capacité limite», explique le professeur Magnan. La situation est la même dans d'autres laboratoires à l'extérieur du Québec, ajoute-t-il. Les chercheurs doivent donc faire preuve de beaucoup de patience pour obtenir leurs résultats dans des délais raisonnables.
La dernière fois que le professeur Magnan et une de ses étudiantes au doctorat ont envoyé des échantillons pour analyse d'isotopes stables, non seulement fallait-il les envoyer au Nouveau-Brunswick, mais «ça a pris trois mois pour avoir les résultats la première fois et quatre mois la deuxième fois. Ça retarde d'autant le projet de doctorat de mon étudiante», illustre le chercheur.
Le problème, dans les divers laboratoires spécialisés du pays, ce n'est pas le coût d'analyse, mais bien la disponibilité, fait-il valoir.
En ayant son propre laboratoire d'analyse universitaire, l'UQTR pourra non seulement desservir ses chercheurs plus efficacement, mais désengorger une partie des services déjà existants au Québec et dans l'Est du Canada.
«Il n'y a pas seulement les gens de l'UQTR qui font faire des analyses en Ontario et au Nouveau-Brunswick, il y a des gens de l'UQAM, de McGill et autres», signale Pierre Magnan.
«On va probablement faire comme nos collègues du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario. C'est sûr que nos analyses vont probablement passer en avant», laisse-t-il entendre, «mais on sera en mesure d'offrir un service aux chercheurs des universités et aux agences gouvernementales de l'Est du Canada.»
De par sa vocation universitaire axée davantage sur la recherche que sur le profit, comme le serait un laboratoire privé, le laboratoire du RIVE pourra se permettre une gamme très étendue d'activités.
«On va travailler sur des analyses très pointues», explique le professeur Magnan qui se réjouit du support de l'UQTR face à ce projet d'envergure. On y trouvera d'ailleurs pour plus de 2 millions $ d'équipements spécialisés.
Un technicien à plein temps sera embauché afin de gérer le laboratoire et effectuer les analyses. «L'Université du Québec à Trois-Rivières a toujours supporté le développement de l'écologie aquatique et là, on vient de nous le prouver encore une fois», constate-t-il.
Selon lui, cette innovation, qui s'autofinancera, aura des impacts positifs sur le recrutement des étudiants de cycles supérieurs et sur le rayonnement de l'UQTR.









