L'UQTR plaque tournante de l'enseignement de l'anatomie

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Les professeurs responsables ou coresponsables des quatre projets subventionnés, de gauche à droite: Stéphane Campeau, membre du Centre de recherche sur les interactions bassins versants, Raynald Gareau, coordonnateur de l'année préparatoire au programme de médecine de l'Université de Montréal, Éric Asselin, titulaire de la chaire de recherche du Canada en gynéco-oncologie moléculaire, et Yves Lachapelle, titulaire de la Chaire de recherche sur les technologies de soutien à l'autodétermination.

Photo: Ève Guillemette

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'investissement fédéral-provincial de 810 399 $ annoncé hier permettra à l'UQTR de devenir une véritable plaque tournante de la recherche et de l'enseignement de l'anatomie au Canada.

«Le projet consiste à agrandir les installations déjà existantes (au sous-sol du pavillon Léon-Provancher) et d'augmenter l'équipement pour s'en aller vers la dimension de recherche», explique le professeur Raynald Gareau, coresponsable du projet avec le professeur Gilles Bronchti. Une salle de dissection supplémentaire d'une capacité de 14 tables permettra de doubler la capacité de travail actuelle.

«On a un très beau laboratoire d'anatomie. L'UQTR accueille de plus en plus de programmes de santé et ça commençait à être relativement serré», explique-t-il.

Les investissements annoncés hier sont d'autant plus importants qu'ils permettront au laboratoire d'anatomie de l'UQTR de devenir un centre de formation et de recherche unique dans les domaines médical et paramédical. Des projets de recherche en lien avec la podiatrie et la chiropratique pourront, grâce à cet investissement, se concrétiser beaucoup plus rapidement.

Du côté médical, une collaboration entre le laboratoire d'anatomie et la faculté de médecine de l'Université de Montréal s'est amorcée il y a quatre ans.

Seize étudiants en médecine s'étaient inscrits à la suite de l'annonce tardive d'un projet-pilote de formation en anatomie à l'UQTR. Le mot s'est vite passé. Dès l'année suivante, le nombre d'inscriptions est monté à 46 et se maintient depuis aux alentours de 80.

C'est que depuis les réformes des programmes de médecine, en 1993, l'anatomie ne s'enseigne plus comme autrefois dans les facultés de médecine.

«Dans la majorité des facultés, les étudiants n'ont plus accès à une formation sur des corps embaumés», explique le professeur Gareau. Autrefois, les étudiants de médecine devaient composer avec de très nombreuses heures d'anatomie durant leur formation. «C'était beaucoup trop chargé et pas assez ciblé», analyse-t-il.

«On s'est dit, on va ramener la formation en anatomie de façon intelligente et ciblée», dit-il, ce qui est maintenant fait de manière à correspondre aux besoins réels de chaque niveau du cursus médical.

C'est un objectif que l'UQTR peut d'ailleurs réaliser sans problème puisqu'elle peut compter sur quatre professeurs d'anatomie. Deux d'entre eux sont médecins et deux sont fondamentalistes.

«Plus personne n'a d'équipe comme ça», signale le professeur Gareau puisque plus personne n'enseigne l'anatomie en Amérique du Nord, à quelques très rares exceptions.

D'ailleurs, certains médecins se rendent jusqu'en Espagne pour parfaire leurs connaissances, ce qu'ils pourront désormais faire à l'UQTR où l'on dispose, en plus, d'un excellent programme de dons de corps pour l'enseignement et la recherche», ajoute-t-il.

Depuis l'hiver passé, les techniciens du laboratoire d'anatomie ont commencé à appliquer une méthode nouvelle et révolutionnaire, la méthode Thiel, pour embaumer les corps donnés à la science.

Contrairement aux autres méthodes d'embaumement, la méthode Thiel permet aux corps embaumés de conserver une souplesse presque intégrale tandis que les organes internes conservent leur couleur d'origine.

Avec l'agrandissement prévu du laboratoire et l'ajout de nouveaux équipements pour l'échographie et la laparoscopie notamment, «on est capable d'offrir un service unique au Canada, sinon en Amérique», estiment les coresponsables.

Ce contexte, ajoutent-ils, sera aussi très favorable à l'embauche éventuelle de nouveaux professeurs d'anatomie qui sont de plus en plus rares dans le monde.

«Les investissements permettront aussi une ouverture à l'implantation d'autres projets de formation et de recherche du côté médical», précise le professeur Gareau.

 

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