Le Groupe Maskbec, établi à Charette, hérite de ce contrat même si un autre entrepreneur, dont la soumission a été jugée non conforme par la Ville, avait proposé de réaliser les travaux pour près de 125 000 $ de moins. L'entrepreneur en question n'a pas apprécié les façons de faire de la Ville en matière d'attribution de contrats.
Roger Pelletier, propriétaire de l'entreprise Location RAMJ de Gatineau, estime que sa soumission pour les cônes d'approche de la piste de l'aéroport était conforme.
«Au pire, ils auraient pu nous spécifier et on aurait fourni un complément. Mais tel que c'était écrit, on était corrects», estime M. Pelletier. Location RAMJ a soumissionné pour un montant de 381 955 $, ce qui est près du tiers de moins que la soumission de Maskbec.
Location RAMJ avait soumissionné conjointement avec une compagnie à numéro appartenant à Jean-Yves Riopel, un partenaire financier qui travaille souvent avec Roger Pelletier. Le hic, selon la Ville de Trois-Rivières, c'est qu'il manquait la signature de ce partenaire et qu'il manquait aussi une garantie financière.
«Il y avait la signature d'un seul des deux partenaires et on avait la garantie financière que pour une des deux compagnies», explique Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.
Après avoir ouvert les soumissions et en avoir vérifié la conformité, la Ville a même choisi de demander un avis juridique sur la conformité de la soumission.
«La firme d'avocats Bélanger Sauvé nous a suggéré de déclarer la soumission non conforme, compte tenu de la jurisprudence en la matière. Quand il y a ambiguïté, on veut chercher à se protéger le plus possible», ajoute-t-il.
Mais du côté du soumissionnaire, on a une autre version. «Sur le bon de caution de la soumission, il est clairement indiqué que la compagnie 2742021 Canada inc. appartenant à M. Riopel est représentée par moi-même et que j'étais dûment autorisé à agir en son nom.
Il est aussi mentionné qu'il se porte caution de l'exécution des travaux de l'entrepreneur envers la Ville de Trois-Rivières», explique M. Pelletier. Celui-ci indique que la demande de soumission avait été rigoureusement vérifiée avant d'être acheminée à Trois-Rivières.
«Ça ne donne pas une très bonne impression de la façon dont on fait des affaires avec la Ville de Trois-Rivières. On a aussi entendu dire qu'il y a des contracteurs qui sont assez proches de la mairie et que des fois, ça marche de même», remarque M. Pelletier.
Celui-ci indique que sa compagnie, bien implantée en Outaouais et ayant à son actif plusieurs réalisations majeures, envisage de prendre les recours juridiques nécessaires envers la Ville de Trois-Rivières.
«C'est entre les mains d'un avocat. C'est choquant parce qu'on a fait des dépenses pour se rendre à Trois-Rivières, voir le terrain. On a refusé des contrats pour pouvoir se concentrer sur celui-là et avoir la machinerie nécessaire», remarque l'entrepreneur.
«Nous sommes une compagnie prospère et expérimentée qui n'en est pas à sa première demande de soumission. Nous tenons à dénoncer cette pratique parce qu'elle fait perdre du temps et de l'argent à des compagnies sérieuses en plus de faire dépenser des sommes inutilement à la Ville de Trois-Rivières», explique M. Pelletier.
Il se désole en effet de voir que les Trifluviens vont devoir payer 125 000 $ de plus pour les travaux en question. «Le plus curieux, c'est ce que nous a dit le gestionnaire de contrats qui nous a reçus quand on a voulu avoir des explications. Il nous a dit que ce n'était pas si grave parce que ça représentait environ 1 $ par citoyen. Comme si la Ville pouvait se permettre de ne pas faire d'économies», conclut M. Pelletier.










