Ne cherchez pas la discipline sportive pour laquelle elle s'entraîne quasi secrètement. Ces onze finissants du Centre de formation professionnelle Qualitech sont des athlètes de la fonderie et du soudage-montage.
Ils mettent actuellement toutes leurs énergies à la réalisation d'un immense inukshuk qui sera installé devant la Maison de patinage de vitesse Canada, à Richmond.
Formée de six pièces, la statue en aluminium devrait atteindre une hauteur de 6 mètres et une largeur de 5 mètres. Son poids? Quelque 2700 kilos.
À la fin du mois de novembre ou au début de décembre, les élèves de Qualitech, trois de leurs enseignants et le directeur adjoint du centre de formation professionnelle, Christian Joly, se rendront à Richmond pour installer l'imposante structure.
«Il faut fixer les pièces à mesure qu'on monte le «bonhomme» sur son socle. C'est tout un jeu de Lego!», lance M. Fleury avec enthousiasme.
Logo officiel des JO de Vancouver, l'inukshuk est à l'origine un empilement de pierres à forme humaine. Associé aux populations et aux paysages du Grand Nord, il sert notamment de point de repère. Au fil du temps, l'inukshuk est également devenu un symbole de l'amitié, de la solidarité et de l'entraide.
L'idée de créer un inukshuk en aluminium est d'abord venue du comité de patinage de vitesse Canada qui souhaitait retrouver cet emblème devant leur maison qui, pour la durée des Jeux, permettra aux familles liées au patinage de vitesse de se retrouver et de partager entre elles.
L'organisation a fait appel au géant de l'aluminium Alcoa qui, elle, s'est tournée vers Qualitech pour fournir la main-d'oeuvre qualifiée.
«Il y a juste nous autres qui sommes capables de le faire!», lance avec grande fierté M. Fleury en faisant référence aux onze élèves et aux trois enseignants qui seront de l'aventure.
Il explique qu'au cours des prochaines semaines, l'équipe trifluvienne devra procéder au modelage des pièces qui formeront l'inukshuk, au moulage et au démoulage, au coulage de l'aluminium, au soudage et finalement à l'assemblage de l'inukshuk.
Au départ, ce sont les 70 finissants des programmes de fonderie et de soudage-montage qui pouvaient soumettre leur candidature au projet. Pour être retenus, ils devaient être référés par leurs enseignants pour l'attitude gagnante qu'ils adoptent au quotidien.
En entrevue, ces jeunes adultes devaient expliquer leurs intérêts à prendre part à la réalisation d'une pièce unique, dans le cadre aussi d'un événement d'envergure, les Olympiques.
«On parle d'une démarche qui permet aux élèves de vivre à la fois une expérience pédagogique et personnelle», ajoute M. Fleury avant de mentionner qu'ils auront à rédiger un journal de bord, à suivre des cours d'anglais, à s'intéresser au travail effectué par chaque membre de l'équipe, qu'il s'agisse d'un élève en fonderie ou en soudage-montage.
La délégation trifluvienne sera à Vancouver pendant une semaine. La Maison de patinage de vitesse Canada a prévu un dévoilement de l'inukshuk durant le séjour des élèves de Qualitech.
«J'avais envie d'embarquer là-dedans pour le projet. Oui, nous aurons la chance de visiter Vancouver mais j'ai surtout hâte de montrer ce que nous aurons réalisé ensemble», commente François-Xavier Lahaie, élève en soudage-montage.
Sa compagne de classe, Mylène Bournival, est impatiente quant à elle de vivre l'aboutissement d'un travail d'équipe. Mylène parle aussi de la fierté de ses proches qui suivront certainement d'un autre oeil les compétitions de patinage de vitesse à la télé. Mylène a bien l'intention de leur rappeler qu'à sa façon, elle aura également participé aux Jeux d'hiver 2010.
Christian Fleury souligne que chaque élève investi quelque 200 heures dans la réalisation de l'inukshuk. Plusieurs partenaires sont également impliqués financièrement dans cette démarche.










