L'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées de Trois-Rivières prend le jeu très au sérieux.
Elle souhaite même que les autres associations d'aînés réalisent les effets pervers des sorties organisées dans ces endroits où des gens finissent par développer une dépendance au jeu.
Hier, le comité multidisciplinaire sur le jeu excessif de l'organisme trifluvien a présenté Ma belle Élise, un court métrage de Sylvain Robert qui s'inspire de deux faits vécus.
Dans un cas comme dans l'autre, on découvre comment la solitude peut mener à la dépendance. On y raconte plus particulièrement l'histoire de René, un homme retraité, endeuillé, qui à la suite d'une première visite au casino, est devenu un adepte des machines de vidéo poker. Il finira par négliger les siens et sa propre santé.
«Quelqu'un de très près de moi s'est suicidé à cause du jeu», commente tristement Diane Boisselle, présidente de l'AQDR du secteur Trois-Rivières.
Elle explique que c'est pour prévenir d'autres drames du genre qu'un documentaire a été produit et présenté en grande première régionale devant des intervenants d'organismes communautaires et des centres de santé et de services sociaux.
Le film d'une quarantaine de minutes inclut les propos de chercheurs, des spécialistes qui sont rattachés au Centre de réadaptation Domrémy de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Ils expliquent les signes avant-coureurs de la dépendance au jeu, les types de joueurs, les conséquences, etc. Entre 1 % et 2 % de notre société, jeunes et moins jeunes confondus, tombent dans le piège du jeu compulsif.
Différentes raisons peuvent expliquer la plus grande vulnérabilité des aînés aux jeux du hasard et d'argent. Le chercheur Maxime Gagnon a pu constater que des personnes sont peu préparées à la retraite, que des couples s'adaptent difficilement à cette nouvelle vie.
Pour certains, le jeu prend la forme d'un divertissement, un moyen de fuir le stress vécu à la maison. Il donne également l'exemple de retraités, même bien nantis, qui espèrent accroître leurs revenus par le jeu.
«Des personnes âgés sont également superstitieuses. Certaines entretiennent la pensée magique. Parce que depuis dix ans, elles misent les même chiffres à la loterie, elles se disent qu'elles vont finir par remporter le gros lot», décrit Linda Leboeuf, intervenante à Domrémy Plessisville qui a participé à la rédaction d'un guide d'accompagnement du film.
L'AQDR espère que les organismes pour aînés, de même que les résidences pour retraités, seront nombreux à présenter le court-métrage à leurs membres.
Aline Boyes Janvier n'a pas hésité à s'engager à diffuser le documentaire. Se présentant comme la porte-parole des 80 résidents de La Villa du jardin fleuri, à Trois-Rivières, elle peut témoigner de la vulnérabilité des aînés face aux jeux du hasard.
«Moi aussi j'ai fait comme les autres et je suis montée dans les autobus qui se rendent au casino. Pour 25 $, le souper était même compris. Mais j'ai arrêté d'y aller parce que j'aurais pu devenir comme les deux personnes dans le film. Heureusement, j'ai gardé toute ma tête», raconte la dame qui estime que le jeu compulsif ne doit pas uniquement être associé aux personnes qui fréquentent les salons de jeu.
Elle rappelle que des aînés sont également de grands consommateurs de billets de loterie.











