Rassemblés hier à Cap-de-la-Madeleine dans le cadre de leur assemblée plénière, les évêques ont rendu public une longue lettre qu'ils ont fait parvenir le 15 septembre dernier à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, dans laquelle ils expriment plusieurs inquiétudes.
Le président de l'assemblée et évêque de Trois-Rivières, Mgr Martin Veillette, a déclaré que les indices s'accumulent et démontrent que de sérieux correctifs s'imposent, sans quoi le programme ne sera pas fidèle à ses objectifs et ne remplira pas ses promesses.
Les principaux points d'inquiétude concernent la compréhension et la réception du programme qui leur semblent compromises par le manque d'information des parents.
Les évêques jugent par ailleurs, et ce point les agace visiblement, que la place comme le traitement de la tradition chrétienne dans les manuels approuvés pour le primaire ne respectent pas les prescriptions du programme.
Rappelons qu'en principe, l'enseignant doit s'assurer que le christianisme est traité tout au long de chaque année d'un cycle, et ce pour refléter que la culture québécoise est façonnée par l'influence des religions catholiques et protestantes.
Enfin, on note que la formation des maîtres serait largement insuffisante sans compter que les guides pédagogiques sont encore inexistants.
Les évêques arrivent à ces conclusions après avoir recueilli des données dans les milieux diocésains auprès de parents, d'enseignants et de catéchètes, ainsi qu'auprès d'un groupe d'experts qui a analysé les manuels.
Aux trois sujets d'inquiétude exprimés plus haut, Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque du diocèse de Nicolet, a ajouté celui concernant les manuels produits par trois maisons d'édition, soit Fides, CEC et Modulo et qui seraient d'inégale valeur. Seule la maison Fides serait vraiment fidèle au programme. Il semble par ailleurs que des cahiers d'exercices contiendraient «quelques dérives» mais aucun exemple n'a été donné.
Les évêques insistent: les parents devront être mieux informés, les maîtres mieux formés et les manuels soumis à un processus d'approbation respectant les prescriptions du programme et les engagements explicites du gouvernement sur la tradition chrétienne.
«Pour notre part, a conclu Mgr Veillette, nous continuerons à suivre attentivement la question.»
Ce dernier a précisé que l'Assemblé des évêques attendait toujours une réponse de la ministre. Au cabinet de Michelle Courchesne, hier, il n'a pas été possible d'apprendre quelle suite la ministre avait l'intention de donner aux doléances des évêques. On a simplement confirmé que la lettre était arrivée et qu'on y répondrait bientôt.

















