Le juge Guy Lambert lui a en effet imposé une probation d'une année au cours de laquelle il lui sera interdit de jouer dans tout appareil de loterie-vidéo.
Si M. Beaudoin respecte cette probation, il pourra s'en tirer sans casier judiciaire au terme de cette année.
À la sortie de la salle d'audience, M. Beaudoin, 77 ans, s'est dit très satisfait par la sentence du juge Lambert et ce, même s'il n'a pas obtenu l'absolution inconditionnelle demandée par son avocat.
«Je me sens très bien. Je le sais que je ne jouerai plus. Je n'y pense même pas. De toute façon, quand j'ai traversé la porte du Café La Pérade après avoir démoli les machines, je le savais que c'était fini pour le jeu. Je me sentais tellement soulagé. Ce que je venais de faire m'avait enlevé un poids sur les épaules», a-t-il raconté.
Le 7 janvier 2008, cet ex-joueur compulsif a carrément pété les plombs.
«Ce matin-là , j'ai retiré 600 $ pour payer le loyer et faire d'autres commissions mais je suis plutôt allé jouer. J'ai tout perdu. J'étais découragé au point de penser au suicide. En sortant de là , je n'avais pas l'intention de détruire les machines mais en ouvrant la porte de mon camion, j'ai vu une hache. Je l'ai prise, je suis retourné à l'intérieur et j'ai dit au monde «Tenez-vous tranquille, je ne vous toucherai pas. Ça ne vous concerne pas.» J'avais juste en tête de détruire ces machines qui m'empêchaient de vivre», a-t-il raconté au juge.
En sept ans, ce retraité avait en effet réussi à flamber les économies de toute une vie, soit un peu plus de 70 000 $.»Je ne suis pas un gars violent. Je n'étais pas fâché au fond. C'est le désespoir qui m'a emporté», a-t-il ajouté.
Son geste aura coûté 4393 $ à Loto-Québec mais l'aura surtout forcé à faire face à la justice et... à lui-même. Il a d'ailleurs entrepris une thérapie à Domrémy pour régler ses problèmes d'alcool et de jeu pathologique.
Depuis, il soutient qu'il se tient loin des appareils de loterie-vidéo et des bars. En plus, des problèmes de santé (une opération au coeur et quatre pontages) l'ont obligé à mettre la pédale douce.
Son avocat, Me Pierre Spain, avait suggéré une absolution inconditionnelle au juge Lambert alors que la poursuite, représentée par Me Julie Forget, demandait plutôt une sentence suspendue.
Or, le juge a estimé qu'une absolution conditionnelle serait davantage appropriée dans les circonstances. Il a rappelé que M. Beaudoin était un homme de 77 ans, sans antécédent judiciaire, qui avait travaillé toute sa vie et qui avait fait des économies mais qui avait commis un geste désespéré après avoir tout perdu.
Il a certes tenu compte de la thérapie qu'il a suivi pour soigner ses problèmes de dépendance et des faibles risques de récidive. Cependant, il a aussi mentionné qu'un tel geste était répréhensible et ne pouvait pas être toléré même si les appareils appartenaient à Loto-Québec, d'où la probation d'un an.
Maintenant que son aventure judiciaire est quasi terminée, M. Beaudoin voudrait bien prendre le bâton du pèlerin et aller rencontrer des gens, dans les écoles entre autres, pour leur expliquer les dangers du jeu compulsif.
«Il ne faut jamais, jamais jouer, même pas mettre un petit 2 $ pour essayer. Y'a un commencement à tout ça mais il n'y a jamais de fin. Même quand on n'a plus d'argent, on finit par en trouver et on s'endette» a-t-il conclu.
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