Yves Lévesque veut témoigner

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Yves Lévesque piaffe d'impatience. Il veut aller témoigner devant la Commission des relations du travail, dans le dossier du congédiement de Louise Panneton.

Le maire de Trois-Rivières est visiblement irrité par tout ce qui se dit, notamment au sujet de l'annulation des constats d'infraction et il souhaite mettre certaines choses au clair.

«Je suis un peu tanné de ce qu'on entend dans cette affaire-là. C'est pas vrai que j'ai ordonné l'annulation de constats d'infraction. Je n'ai pas ce pouvoir-là», insiste-t-il. «J'ai demandé d'aller témoigner et je veux y aller absolument», ajoute-t-il.

Cette volonté et cette assurance du maire semblent confirmer la thèse selon laquelle la Ville de Trois-Rivières présentera une contre-preuve dans le processus d'audition des plaintes portées par Louise Panneton auprès de la Commission des relations du travail, à la suite de son congédiement.

Le débat, on le sait, a opposé deux thèses distinctes entourant les raisons qui ont conduit au congédiement de Louise Panneton.

La Ville estime que l'ex-employée cadre avait un style de gestion inapproprié, alors que la principale intéressée tente de démontrer que le véritable motif de son renvoi réside dans le fait qu'elle refusait de faciliter l'annulation de constats d'infraction.

Des demandes en ce sens lui venaient du cabinet du maire, de la direction générale et de certains services de la Ville.

«En aucun temps le maire a fait annuler des constats d'infraction. Est-ce qu'on a demandé de regarder certains billets? Oui. Est-ce qu'on a posé des questions? Oui. Est-ce qu'on a tenté de présenter des arguments? Oui. Mais je n'ai pas le pouvoir d'annuler des billets d'infraction», insiste Yves Lévesque.

«Si j'avais été capable, j'aurais fait annuler mes propres contraventions ou celles de mes enfants et de mes amis», ajoute-t-il en donnant l'exemple d'un de ses collaborateurs, Yves Robillard, qui a accumulé, au cours des dernières années, une quarantaine de billets de stationnement, qu'il a toujours payés, insiste le maire.

Selon lui, ce dossier de droit du travail est en train de devenir un dossier politique. «Si c'était vrai qu'il y a eu de l'ingérence, l'opposition se serait plainte. Là, ça reste le dossier de Me Panneton», avance Yves Lévesque.

Dans les faits, toutefois, le maire ne semblait pas au courant que trois plaintes dans ce dossier de demandes d'annulation de constats d'infraction ont été déposées au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.

Hier, ces trois plaintes étaient toujours à l'étude et une porte-parole du ministère a confirmé qu'aucune autre nouvelle plainte n'avait été reçue au cours du dernier mois.

Yves Lévesque insiste sur le fait que «ce n'est pas à Me Panneton qu'on remettait les billets d'infraction» pour regarder les possibilités d'annulation.

«Elle non plus n'a pas le pouvoir d'annuler des constats. C'est le juge et le procureur qui ont ce pouvoir-là», ajoute-t-il. «Si c'est le cas, si c'est vrai qu'elle a senti de la pression pour faire annuler des constats, pourquoi elle ne l'a pas dit avant? Pourquoi elle n'est pas intervenue plus tôt?», se questionne le maire.

Le maire n'a pas commenté la décision du Nouvelliste et de Radio-Canada d'intervenir auprès de la Commission des relations du travail pour faire lever certaines ordonnances de non-divulgation qui touchent les constats pour lesquels il y aurait eu des demandes politiques d'annulation.

Les deux médias veulent ainsi connaître - et pouvoir publier - l'identité des personnes à qui ces constats avaient été émis.

«On est devant un tribunal administratif. C'est délicat de s'avancer sur des questions comme celle-là», remarque-t-il. Le maire répète toutefois qu'«il ne s'agit que de billets de stationnement» et qu'il est inapproprié de faire payer des contraventions à des bénévoles qui donnent du temps pour la Ville, dans différentes organisations.

Le maire ne cache pas qu'il voit un problème dans l'application très stricte des règles concernant le stationnement. Il va même jusqu'à avancer qu'«il y a un problème» avec la compagnie qui remplit le contrat à cet effet.

 

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