Non seulement RM n'avait plus de revenus, mais l'organisme devait même payer, à un certain moment, pour se départir des matières récupérées.
Le bas de laine de 600 000 $ de l'organisme, qui était conservé notamment pour réaliser un important projet d'usine de recyclage des emballages laminés de type Tetrapak, a été épuisé pour payer les salaires et les factures d'électricité.
«On a eu peur», confie le directeur général de RM, Michel Camirand, à qui cette situation a fait connaître, comme à bien d'autres dans son milieu de travail sans doute, de nombreuses nuits blanches.
C'est que le centre de tri mauricien a frôlé la faillite.
Jean-Guy Doucet, le président de RM, était heureux d'annoncer hier que la tempête est maintenant très loin derrière, si loin en fait que d'ici deux semaines, Récupération Mauricie et la Régie vont pouvoir annoncer la relance du projet d'usine de recyclage des contenants en Tetrapak et de sacs de plastique qui était presque mûr avant la crise économique.
M. Doucet raconte qu'on sort de la crise économique avec quelques emplois de plus chez Récupération Mauricie, le nombre ayant passé de 60 à 65.
«On a réussi à survivre», dit-il en rappelant que son organisme a été sauvé du naufrage parce que la région s'est serrée les coudes.
Voyant en effet que la ministre du Développement Durable, de l'Environnement et Parcs faisait la sourde oreille aux demandes d'aide, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie et son président, Pierre Bouchard, s'étaient alors tournés vers les municipalités pour obtenir du soutien financier pour Récupération Mauricie.
Ces dernières avaient accepté de verser des compensations monétaires afin de permettre à Récupération Mauricie de faire ses frais et de maintenir les emplois et la collecte des matières résiduelles.
La compensation fut de 45 $ la tonne, au début de la crise. Puis, à mesure que les matières reprenaient de la valeur sur les marchés, le montant des compensations municipales a pu être abaissé, puis interrompu.
Maintenant que RM a la tête et même tout le corps sorti de l'eau, on peut évaluer à 200 000 $ le montant total de cet effort consenti par le milieu municipal pour maintenir le service de la récupération dans la région durant la crise.
C'est là, raconte Pierre Bouchard, qu'on s'est rendu compte que le recyclage est là pour rester. «Récupérer, c'est entré dans nos moeurs», constate-t-il.
De l'argent qui dort
Le président de la Régie déplore toutefois le temps de réaction de Recyc-Québec dans toute cette histoire. C'est qu'une somme d'environ 1 million $ qui est destinée aux municipalités de la région dort depuis deux ans dans les coffres de l'organisme.
Cet argent provient de compensations des entreprises génératrices de matières recyclables et doit être versé aux municipalités pour soutenir la collecte sélective.
«Au printemps, Québec était venu nous dire de piger dans cette compensation (pour se sortir de la crise), mais elle n'est pas arrivée», raconte Pierre Bouchard.
Grâce à ses économies et au soutien de la région, l'organisme responsable de la collecte, du tri et de la vente des matières recyclables en Mauricie sort la tête haute de la crise.
«Récupération Mauricie est actuellement rentable», a annoncé hier Jean-Guy Doucet avec soulagement.











