Un cadeau extraordinaire pour Jacinthe Veillette

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La ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre,... (Photo: Courtoisie)

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La ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, procédait vendredi au lancement de la nouvelle Charte. On la voit ici avec Jacinthe Veillette.

Photo: Courtoisie

Louise Plante
Le Nouvelliste

Jacinthe Veillette de Saint-Tite jubilait au bout du fil vendredi, quelques heures après le lancement à Montréal par la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. La jeune fille ne pouvait rêver de plus beau cadeau pour son 18e anniversaire qu'elle célébrait samedi.

Environ deux ans se sont écoulés depuis que cette timide élève du Séminaire Sainte-Marie, à Shawinigan, à peine remise d'un épisode d'anorexie, lançait une pétition qu'elle remit par la suite à la ministre St-Pierre, réclamant des actions visant à encadrer l'industrie de la mode où on constatait de plus en plus la maigreur extrême de certains mannequins.

Vendredi, au Marché Beausecours, alors que la ministre lisait la nouvelle charte en présence de plusieurs invités de marque et des membres du comité de travail, Jacinthe Veillette se tenait fièrement à ses côtés, à l'invitation même de la ministre.

«C'est une grande journée pour moi, a confié la jeune fille. Je suis satisfaite. La charte reflète bien ce que je voulais et ce qui était important pour moi. J'en ai discuté avec la ministre.»

Cela dit, Mlle Veillette est maintenant passée à autre chose. «La partie de mon projet dans laquelle j'étais impliquée est maintenant finie. C'est au gouvernement de travailler là-dessus. C'est une démarche ministérielle. Personnellement, je suis maintenant rendue au Cégep et je travaille moins ce dossier. Je pense avoir fait le bout de chemin que j'avais à faire.»

Lorsqu'on demande à Mlle Veillette s'il n'aurait pas été préférable d'adopter une loi pour discipliner l'industrie de la mode, comme l'a fait l'Espagne (des mannequins trop maigres ont été interdits sur les catwalk), elle répond qu'une charte est un bon premier pas.

«Je pense qu'une loi, ce serait trop radical. On va débuter avec cela et voir comment cela va aller. C'est un bon départ. Ça dépasse mes attentes. Je suis contente de ce résultat. Je suis très heureuse.»

Pour sa part, France Lavigne, du Centre de femmes de Shawinigan, qui assistait également à la cérémonie, a tenu à souligner que la jeune fille a aussi été invitée à signer le document de la charte.

«En fait, elle a été la première personne à le signer», a-t-elle déclaré, non sans une pointe de fierté.

Mme Lavigne a ajouté que l'adoption d'une charte au lieu d'une loi la satisfaisait aussi pour l'instant.

«Je trouve ça très bien. Il y a des pistes d'action: promouvoir, encourager, dissuader etc. (voir encadré). Si l'industrie de la mode et les médias s'autodisciplinent, ce sera déjà un bon pas. On va commencer par ça. Je pense que toute la société adhère à la charte. Maintenant c'est plus concret. Pour nous, c'est un outil de plus.»

Mme Lavigne a aussi noté que la démarche de Jacinthe Veillette était la preuve qu'une démarche citoyenne peut donner quelque chose. «On a été très contentes de pouvoir la soutenir» a-t-elle conclu.

Le fruit d'une collaboration

Lors du dévoilement, la ministre St-Pierre a déclaré que la charte était le fruit d'une collaboration étroite entre les milieux de la mode, de la publicité, des médias et le gouvernement.

«Au-delà de ce que stipulent les sept articles qu'elle énonce, sa grande force est sans contredit l'engagement à passer à l'action qui la sous-tend», a déclaré la ministre, tout en félicitant le comité de travail coprésidé par la journaliste Esther Bégin et le Dr Howard Steiger, directeur du Programme des troubles de l'alimentation de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Soulignons qu'un défilé de mode célébrant la beauté sous toutes ses formes a suivi l'adoption de la charte. On voulait ainsi illustrer les mots contenus dans le document suivant lesquels le comité de travail souscrivait à la vision d'une société au sein de laquelle la diversité des corps est valorisée.

 

Les 7 articles de la charte

1. Promouvoir une diversité d'images corporelles comprenant des tailles, des proportions et des âges variés.

2. Encourager de saines habitudes autour de l'alimentation et de la régulation du poids corporel.

3. Dissuader les comportements excessifs de contrôle du poids ou de modification exagérée de l'apparence.

4. Refuser de souscrire à des idéaux esthétiques basés sur la minceur extrême.

5. Garder une attitude vigilante et diligente afin de minimiser les risques d'anorexie nerveuse, de boulimie et de préoccupation malsaine à l'égard du poids.

6. Agir à titre d'agents et d'agentes de changement afin de mettre de l'avant des pratiques et des images saines et réalistes du corps.

7. Faire connaître la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée auprès de nos partenaires, de nos clientèles et de nos relations professionnelles tout en participant activement à l'adhésion à ses principes et à leur respect.

 

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