S'il est élu maire de Trois-Rivières, le 1er novembre prochain, André Carle promet une gestion plus serrée des finances publiques.
Cet architecte, bien connu pour ses interventions dans différents dossiers à caractère environnemental dans l'histoire récente de la Ville, se dit inquiet lorsqu'il regarde certains chiffres.
Ceux, notamment, qui touchent l'endettement, la portion du budget consacrée au service de la dette, le taux de taxation, la hausse des dépenses.
«Pour ce qui est de la dette, il va falloir se retenir un moment donné. Il va surtout falloir écouter ce que la population a à dire quant à certains projets ou certaines dépenses», explique celui qui, à quelques reprises, a fait partie des rares citoyens qui osent élever la voix ou poser des questions.
Selon André Carle, il est impératif de «trouver les trucs pour réduire les dépenses ou les contrôler», en tenant évidemment compte des contraintes qui sont imposées.
«Il faut arrêter de partir tête baissée dans des projets pharaoniques. Si on a la vision d'avoir un amphithéâtre et un colisée à Trois-Rivières, on se retrouve avec la bulle de l'endettement qui gonfle sans arrêt», insiste l'aspirant à la mairie.
Au cours des dernières semaines, André Carle s'est aussi dit préoccupé par l'éthique et la qualité de la vie démocratique à l'hôtel de ville.
Il en a d'ailleurs fait un des thèmes de sa campagne, en proposant notamment d'adopter une politique rigoureuse d'attribution des contrats.
Comme certains avant lui l'ont fait, il déplore le quasi-monopole dont jouissent certains fournisseurs ou entrepreneurs.
«Quand on nous a appris ce qui se passait à Boisbriand, avec le contracteur qui voulait faire en sorte qu'il n'y ait pas d'élections, il a été dit que cet entrepreneur-là avait 50 pour cent des contrats dans sa municipalité. Vous savez tous qu'à Trois-Rivières, il y en a qui en ont plus que 50 %», remarque-t-il.
«Y a-t-il quelqu'un qui dort au gaz? Peut-être. Mais ce n'est pas mon cas. Je me suis levé pour dénoncer ça. Je suis monté aux barricades. Je suis en élection et j'ai quelque chose d'autre à proposer.»
Le candidat de Force 3R croit aussi, en analysant certains épisodes de la vie municipale des dernières années, que l'administration sortante «a des préjugés favorables envers les promoteurs, au détriment des citoyens».
Il réfère notamment à la saga du boisé des Plateaux, au projet de condos sur l'île Saint-Christophe ou au plan d'urbanisme.
Sur ce dernier point, André Carle croit d'ailleurs qu'il s'agit d'un bel exemple de communication déficiente entre la Ville et les citoyens.
La Ville, selon lui, a maintenant la fâcheuse tendance d'évacuer ou de vouloir contourner les mécanismes de consultation prévus par la loi.
«Les étapes de consultation qui sont associées à des processus de règlement, comme les séances d'information, les registres et les référendums, sont complètement évacuées. On dit que ceux qui s'y présentent pour poser des questions sont des empêcheurs de tourner en rond», insiste-t-il.
Souvent associé aux débats qui impliquaient des considérations environnementales, André Carle est d'avis qu'il importe de protéger davantage certains espaces naturels trifluviens, pour lesquels «on sent qu'il y a toujours une menace, une pression».
Plus que jamais, estime celui qui dit ne pas vouloir passer pour un vert accroché à ses idées, la Ville doit tenir compte de la réalité environnementale dans son développement.
La culture est un autre élément qui, selon le candidat, entre en considération lorsqu'il est question de qualité de vie.
S'il admet d'emblée que le milieu culturel trifluvien est très dynamique, il questionne d'un autre côté la multiplication des événements et, surtout, leur surconcentration au centre-ville.
Les organisateurs d'événements deviennent de plus en plus gourmands et la Ville, par souci de bonne gestion, doit bien évaluer les moyens dont elle dispose pour se doter d'événements culturels et de loisirs, et de les soutenir adéquatement par la suite.
«Quand on se compare aux autres villes, on est premier au Québec en ce qui a trait aux dépenses en matière de culture. Bravo! C'est extraordinaire. Mais dans une perspective de réduction des dépenses, peut-être qu'on a un indice qu'on en met trop, ou qu'on ne le met pas de la bonne manière. Il y a lieu de se questionner. Mais on s'entend pour dire que les loisirs et la culture, c'est fondamental et que ça a un impact direct sur la qualité de vie», soutient André Carle.
Enfin, sur le plan du développement économique, André Carle promet d'avoir une vision régionale s'il est élu.
«Quand on parle de développement économique, je pense que c'est fondamental de voir ça dans une perspective régionale. Les partenaires sont régionaux. C'est important de considérer qu'il y a un grand parc industriel à Bécancour, qu'il y a des créneaux d'excellence à Shawinigan. Toute la région est concernée par le développement économique. Les ressources naturelles, elles n'arrêtent pas aux frontières de la ville et l'eau n'arrête pas de couler aux frontières de la ville», conclut-il.











