Âgé de 90 ans, le curé de la paroisse Saint-Patrick n'a pas l'intention de prendre sa retraite, et ce, même après 60 ans de vie sacerdotale. Depuis 38 ans, il voue une affection particulière à ses paroissiens qui le lui rendent bien.
Né en Nouvelle-Écosse, Henry Boudreau avait 7 ans lorsque lui et sa famille sont déménagés à Trois-Rivières où son père Sixte avait accepté un poste à l'ancienne usine Wayagamak.
«À l'école, j'ai dû recommencer trois fois ma première année. Après trois ans, j'étais très bon», raconte-t-il en riant avant d'expliquer qu'il a d'abord fait son entrée à l'école en anglais, dans sa province d'origine. Un an plus tard, lorsqu'ils sont arrivés à Trois-Rivières, les Boudreau ont inscrit leur fils aîné à l'école francophone du quartier. Un an plus tard, ils se ravisaient.
Leur garçon allait perdre sa langue maternelle s'il poursuivait ses études en français, appréhendait notamment sa mère Alvenia.
C'est au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières qu'il a entrepris, en 1938, son cours classique, et qu'il fut ordonné prêtre, neuf ans plus tard. Pendant plusieurs années, Father Boudreau y a enseigné l'anglais.
Il se souvient d'avoir eu un dénommé Jean Chrétien parmi ses élèves. «Il était bon!», affirme-t-il lorsqu'on lui pose la question.
En 1966, le prêtre a été appelé à diriger pour la première fois une paroisse, celle de l'«Immaculate Heart of Mary» (Coeur immaculé de Marie), à Shawinigan.
Trois ans plus tard, la communauté anglophone de Trois-Rivières, de la paroisse Saint-Patrick plus précisément, a aussi exprimé le souhait d'avoir une curé capable de s'exprimer en anglais.
Pendant 20 ans, Father Boudreau a donc été curé de deux paroisses séparées d'une trentaine de kilomètres entre elles.
Il admet que la population catholique anglophone a considérablement diminué au fil des ans. Father Boudreau dénombre aujourd'hui une soixantaine de fidèles dans la paroisse Saint-Patrick, des gens dont certains n'hésitent pas à venir de Shawinigan pour assister è la messe en anglais.
«La majorité des gens ont plus de 70 ans», convient-il encore. D'ailleurs, le curé n'hésite pas à visiter ses paroissiens malades ou hospitalisés.
Father Boudreau sait qu'il n'est pas éternel mais se dit suffisamment en santé pour continuer à exercer son ministère le plus longtemps possible.
«La vie que j'ai et le travail que je fais sont intéressants», explique simplement Father Boudreau qui, cet automne encore, a foulé des terrains de golf à quelques reprises. Toute sa vie, il a également été un adepte du ski, du vélo et de plusieurs autres sports.
L'homme considère que sa relative bonne forme passe aussi par son souci d'entretenir sa santé sociale. Plusieurs fois par semaine, il dit qu'on peut le rencontrer dans l'un ou l'autre des cafés Tim Horton's de Trois-Rivières où il aime prendre un café et s'entretenir avec les autres clients sur la vie qui suit son cours.











