Le guide de haute montagne Jean-Pierre Danvoye sera de passage à Trois-Rivières pour raconter son ascension du mont Mustagh Ata, en Chine, en compagnie de deux Trifluviens.
La conférence, prononcée au profit du Fonds Jean-Pierre Petit, portera sur l'expédition de M. Danvoye accompagné par Jean-Yves Déziel et Denis Trahan, deux habitués de haute montagne bien connus dans la région.
Le trio s'est rendu dans la province du Xinjiang, en Chine, au mois de juillet dernier pour accomplir leur exploit... et découvrir un peuple divisé entre la renonciation et la protestation.
Car pour se rendre au camp de base, les trois alpinistes sont passés par la ville de Kashgar une journée avant que n'éclatent de violents affrontements entre les Ouïghours, ethnie habitant la province du Xinjiang, et l'armée chinoise, qui impose le contrôle dans ce coin de pays.
Selon les chiffres officieux de l'armée chinoise, un peu plus de 180 Ouïghours auraient trouvé la mort dans ces affrontements.
Mais des sources de défense des droits de l'Homme et du Congrès mondial ouïghour attribuent à la Chine la disparition de près de 10 000 Ouïghours durant les semaines qui ont suivi ces émeutes.
Les trois alpinistes québécois se sont retrouvés au coeur de cette histoire bien malgré eux, comme simples touristes de passage.
«Sur le coup, on n'a pas été témoins de rien. C'est survenu le lendemain de notre passage. On a eu des nouvelles de ce qui s'était produit par la suite. On voyait que les choses changeaient et qu'il y avait des tensions», constate Jean-Yves Déziel.
Il relate notamment ces nombreux militaires chinois qui, en permanence, filmaient les gens dans la rue pour faire comprendre qu'ils étaient surveillés.
Le groupe a d'ailleurs bien failli se retrouver dans l'embarras lorsque l'un d'eux a voulu prendre des photos d'un militaire. Ses collègues chinois, irrités, ont alors voulu saisir l'appareil photo.
Le groupe a finalement pu conserver l'appareil, à condition qu'ils suppriment sur-le-champ les clichés numériques qu'ils venaient de prendre.
«Nous avions un interprète avec nous qui paraissait complètement découragé de l'avenir qui attendait son peuple. Il nous parlait de son enfant et disait qu'il préférerait l'envoyer dans un autre pays, quitte à ne jamais le revoir, plutôt que de lui faire connaître cette vie», souligne Jean-Pierre Danvoye.
Expédition
La dimension humaine de l'expérience aura donc ajouté un aspect très enrichissant à cette expédition vers ce sommet de 7546 mètres d'altitude, situé en plein coeur de la route de la soie et qui a vu passer des explorateurs comme Marco Polo.
Les trois alpinistes ont entamé leur périple en toute autonomie, avec près de 20 kilos à transporter dans le peu d'oxygène que peut fournir un sommet de plus de 7000 mètres.
«Pour ma part, j'ai trouvé cette expérience physiquement plus difficile qu'un 8000 mètres», constate Jean-Yves Déziel.
Les trois amis ont eu à affronter des tempêtes impressionnantes en altitude, jusqu'à devoir passer 50 heures cordés dans une petite tente en attendant que le temps se calme.
Ce périple de 21 jours en montagne les aura forcés à rebrousser chemin à peine à à quelques pas du sommet afin d'assurer leur propre sécurité.
«Avec de jeunes enfants à la maison, il fallait aussi s'arranger pour revenir en un seul morceau», constate Denis Trahan.
Les trois alpinistes auront donc l'occasion de raconter cette aventure physique et humaine le 20 novembre prochain, à compter de 19 h 30. Les billets seront en vente à l'entrée au coût de 10 $ et tous les profits seront remis au Fonds Jean-Pierre Petit.
Il est aussi possible de se procurer des billets auprès de la Fondation du CHRTR au 819-697-3333, poste 53582.











