À l'instar de leurs centrales syndicales qui ont décidé de faire front commun en prévision des négociations dans le secteur public et parapublic, ces trois organisations locales s'unissent pour faire connaître leur réalité et justifier leurs demandes.
Les représentants du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges (SEVF), du Syndicat du personnel professionnel de l'éducation du Coeur et du Centre-du-Québec (SPPECCQ), ainsi que du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy se présenteront à l'assemblée des commissaires de ce soir afin de démontrer aux élus en quoi leurs revendications visent l'amélioration de la qualité des services éducatifs.
«Si le front commun est important au niveau provincial, on a jugé opportun qu'il se reflète également au niveau local, et ce, pour mieux défendre les services publics auprès du gouvernement et de la population», ont commenté Sylvie Théberge (SEVF), Odette Brûlé (soutien scolaire) et Denis Bastarache (SPPECCQ).
Ils misent aujourd'hui sur une meilleure coordination de leurs négociations respectives pour mobiliser leurs troupes autour de cibles communes dont celles qui consistent à identifier des objectifs atteignables et à s'entendre, rapidement, avec les négociateurs du gouvernement.
Les représentants des professionnels, des enseignants et du personnel du soutien soulèvent tous la même question.
«Comment attirer des gens dans les services publics et les garder? C'est une grosse problématique actuellement, on manque de personnel», affirme Denis Bastarache qui ajoute: «En enseignement, c'est connu, les gens font quatre ou cinq ans et ils s'en vont. Ils se découragent.»
Les professionnels qu'il représente sont aussi en nombre insuffisant. M. Bastarache donne l'exemple des psychologues et des psychoéducateurs qui quittent le réseau public de l'éducation pour se tourner vers la pratique privée où les conditions de travail et salariales sont meilleures.
«Au soutien, c'est la même chose. Nos ouvriers gagnent jusqu'à 28 % de moins que les travailleurs de la construction», illustre Odette Brûlé avant d'ajouter que les départs affectent aussi les services de garde où 43 % du personnel travaillent moins de 15 heures par semaine. Elle affirme que ses collègues pourraient hériter de tâches, au niveau des activités parascolaires et de l'aide aux devoirs par exemple, qui viendraient compléter leur horaire.
En enseignement, la précarité d'emploi constitue la réalité de 45 % des enseignants. Un accès plus rapide aux contrats à temps partiel et aux droits s'y rattachant est réclamé. Des enseignants patientent dix ans avant d'obtenir leur permanence.
«Ils se brûlent avant», fait remarquer Mme Théberge avant de mentionner que les enseignants souhaitent une diminution des ratios du préscolaire jusqu'à la fin du secondaire.
Le SEVF a récemment dénombré 112 groupes de niveau secondaire affichant un dépassement d'élèves. Selon elle, il n'est pas rare que les classes accueillent plus de 32 élèves.
«On a vu jusqu'à 41 élèves dans un groupe!», déplore celle qui estime que le ratio à la baisse dans les classes défavorisées du primaire devrait s'appliquer au secondaire.
Du côté des professionnels de l'éducation, on réclame l'ajout de ressources humaines dans les écoles et plus précisément auprès des élèves HDAA (handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage) de même qu'auprès de la clientèle, de plus en plus nombreuse, des centres de la formation générale aux adultes et en formation professionnelle.











