Cédric Chaperon, chargé de projet en énergie et changements climatiques au RCREQ, rappelle l'urgence d'acquérir une moins grande dépendance au pétrole à cause de l'effet polluant de ce dernier et des conséquences de son utilisation sur le climat, la diversité des espèces et les populations humaines par ricochet.
M. Chaperon était l'invité de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie et du Comité de solidarité de Trois-Rivières, hier, dans la cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale.
Le conférencier a rappelé que malgré toute ses ressources en hydroélectricité, le Québec tire le plus gros de son énergie, soit 39,4 % du pétrole.
Cédric Chaperon s'inquiète des conséquences du pic de production pétrolière qui a été atteint dans de nombreux pays fournisseurs alors que la demande mondiale augmentera, surtout du côté du Brésil, de l'Inde et de la Chine.
«Leur demande va exploser parce qu'ils sont en très grosse croissance économique» et démographique, fait-il valoir.
Or, l'exploration en vue de trouver de nouvelles sources de pétrole «coûte de plus en plus cher», fait-il valoir, tant au niveau financier qu'en termes des coûts environnementaux, rappelle-t-il, en citant l'exemple de la catastrophe écologique des sables bitumineux en Alberta.
Depuis déjà 40 ans, rappelle Cedric Chaperon, les compagnies pétrolières disent qu'il reste des réserves pétrolière pour... 40 ans. Puisque plusieurs pays producteurs ont déjà atteint leur pic de production, Cedric Chaperon craint que l'arrêt éventuel de production se fasse de façon abrupte et ne donne pas le temps aux pays acheteurs de réduire graduellement leur dépendance.
«Ça va nous tomber d'un seul coup sur le coin du nez et les prix vont s'envoler», dit-il, avec toutes les conséquences économiques qui vont de pair.
À la lumière de ces données, le RCREQ a décidé de mobiliser les citoyens.
À cet égard, le RCREQ s'associe à l'Institut du nouveau monde, qui possède notamment une antenne au Collège Laflèche, pour tenir des consultations publiques. Il faut que les solutions «émanent de la société civile et pas uniquement, comme d'habitude, des décideurs», plaide le conférencier.
«L'important, c'est de les sensibiliser, de leur montrer à quoi ils peuvent arriver, si on arrive à parler ensemble, pour trouver des solutions communes qui vont réussir à faire consensus.»
La démarche, dit-il, se fera en plusieurs étapes. Un important groupe de partenaires socio-économiques a déjà été créé parmi lesquels on trouve Gaz Metro, la CSN, l'UPA, le CAA, Ouranos et Innergex, pour n'en nommer que quelques-uns, ainsi que plusieurs ministères.
«Notre objectif est de rassembler une multitude de parties prenantes qui n'ont pas forcément les mêmes valeurs et les mêmes objectifs, de les mettre autour de la table, de leur exposer des constats et de les faire débattre sur des solutions qu'on pourra adopter», ajoute M. Chaperon.
«Notre démarche n'a aucun parti pris et est complètement apolitique», précise-t-il.
Un sondage sera aussi mené auprès de la population québécoise par le biais de certains partenaires, possiblement le CAA, ajoute M. Chaperon.
Notons en terminant que le Comité de solidarité recevait aussi, hier soir, le conférencier Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre, toujours dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale.










