Jérôme Cossette de retour d'Afghanistan

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Denis Cossette et Manon Fleury entourent ici leur... (Photo: Sylvain Mayer)

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Denis Cossette et Manon Fleury entourent ici leur fils, le caporal Jérôme Cossette. Toute la famille a eu droit à d'émouvantes retrouvailles, vendredi dernier.

Photo: Sylvain Mayer

Éric Lallier

Éric Lallier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jérôme Cossette était un jeune homme attendu, lorsqu'il a foulé le sol de l'aéroport de Québec, vendredi dernier.

Le caporal trifluvien était en effet à bord de l'avion transportant la quasi-totalité des derniers soldats québécois toujours postés à Kandahar, en Afghanistan. Du coup, il revenait d'une expérience à la fois exigeante et gratifiante.

Le jeune homme y a passé sept mois et demi, au coeur de la ville afghane, à protéger l'une des bases canadiennes qui y étaient établies.

À son retour à la maison, il a eu droit à d'émouvantes retrouvailles. Sa petite famille l'attendait avec impatience, comme des dizaines d'autres personnes massées sur place, alors que le contingent québécois rentrait au pays.

Et pour souligner le coup, à la résidence de Trois-Rivières, trônait une imposante banderole saluant le retour du «héros». «C'est un immense soulagement de voir qu'il revient avec tous ses morceaux», lance sa mère, Manon Fleury.

Son fils, âgé de 19 ans, admet que la vie en temps de guerre était particulièrement intense. Encore davantage lorsqu'on est appelé à patrouiller le périmètre qui encercle les installations canadiennes, tout près de la population afghane, dans laquelle peuvent par ailleurs se cacher les Talibans.

«On est très bien entraîné à être loin de chez nous. Mais tu ne peux pas te préparer à aller là-bas. Parfois, c'était difficile à vivre», confie aujourd'hui celui qui était aux côtés d'une quarantaine de collègues, notamment du 12e régiment blindé de Trois-Rivières.

«On le sent, le danger (...) Quand on a trouvé notre premier engin explosif improvisé, on a eu la chienne», raconte-t-il ensuite, heureux de n'avoir perdu aucun de ses proches au cours du périple.

«Là-bas, on vit à un rythme toujours avec le stress. Le cerveau, il est programmé à se demander où est l'ennemi.»

Décompression

Jérôme Cossette prend actuellement une période de repos. Pendant le voyage de retour, le jeune militaire a passé quelques jours en «décompression», selon le jargon, à la base de Chypre.

Mais ce processus vers un retour au calme n'est pas si simple. «Les réflexes sont encore là. Quand je me retrouve dans une foule, comme au centre commercial, je suis nerveux», détaille-t-il candidement.

Ces vacances bien méritées lui permettront de faire le point sur le «choc culturel» qu'il a absorbé en prenant les armes en Afghanistan. Mais aussi sur le rôle de cette mission canadienne. «Je ne sais pas s'il y a eu des changements (pendant notre présence)», laisse tomber celui qui se dit tout de même fier de ce qu'il y a accompli et prêt à joindre l'armée canadienne, à titre de soldat régulier.

La peur et l'angoisse

Alors que leur fils raconte calmement son périple, les parents du caporal Cossette se souviennent de toute la peur et l'angoisse qui les ont habités durant ces longs mois.

«Quand tu mets au monde un fils, tu ne le fais pas pour qu'il aille mettre sa vie en danger. Mais c'était un choix éclairé», explique Diane Fleury.

Le père de Jérôme, Denis Cossette, était lui aussi ambivalent quant au choix de son fils, vu son jeune âge. Il a même craint que le pire soit survenu à un certain moment.

«Le pire souvenir, c'est quand on m'a appelé pour demander si j'étais bien le père de Jérôme Cossette. La patate battait fort mettons. Finalement, c'était quelqu'un de l'association des parents, mais j'ai eu peur», raconte-t-il.

Heureusement, à terme, tout se termine bien. «C'était un beau trip», conclut le caporal Cossette.

 

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