C'est que durant la crise financière qui a failli faire couler le système de récupération au Québec, la ministre avait laissé savoir que la solution devait passer par un tri plus fin et des matières récupérées de meilleure qualité.
Or, le problème numéro un actuellement, dit-il, c'est la présence du verre dans le bac bleu qui, en se brisant en petits morceaux durant la collecte, contamine toutes les autres matières.
Dans ce nouveau projet proposé par Mme Beauchamp, on évite toutefois la question du verre dans la collecte sélective, déplore-t-il.
«On dirait qu'elle n'a pas les mêmes lunettes que nous autres», dit-il.
«J'ai l'impression qu'elle a des lunettes pas mal vertes. On lui dit donc: faites votre consultation. Peut-être que la couleur de vos lunettes va changer un petit peu. Nous, on parle de choses qui nous aideraient rapidement. Madame la ministre, faites quelque chose avec le verre. Ça nous aiderait énormément», plaide le président de la Régie.
Ce dernier n'a pas l'intention, quoi qu'il en soit, de réclamer en vitesse sa part des 650 millions $ annoncés par la ministre Beauchamp pour mettre en place un projet de méthanisation ou de compostage des matières résiduelles.
C'est que la méthanisation est un sujet qu'on connaît bien à la Régie. Juste avant l'arrivée de M. Bouchard à la présidence, la RGMRM avait en effet envisagé sérieusement la construction d'un projet de 100 millions $ pour méthaniser les déchets, un projet de même nature que celui que veut justement mettre en place la ministre Beauchamp au Québec.
Mais on a rapidement mis un holà, question de budget et on a embauché une firme spécialisée afin de créer un plan stratégique pour y voir plus clair.
La RGMRM a d'ailleurs une très bonne idée du défi technologique que représente l'utilisation du méthane pour chauffer les bâtiments et les véhicules. Elle est toujours, rappelons-le, devant les tribunaux contre les Serres du Saint-Laurent à qui elle livre justement du biogaz issu du site d'enfouissement.
Comme le fait valoir Pierre Bouchard, putréfier les déchets de manière accélérée pour générer du méthane coûte cher et cela représente aussi des tonnes de déchets qu'on n'enfouira plus.
Qui dit moins de déchets dans les lieux d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès et de Champlain dit moins de revenus pour la régie. Or, «il faut continuer à payer nos dettes», plaide Pierre Bouchard.
La Régie ne dit pas non au principe de biométhanisation, mais son président estime qu'il est capital de prendre le temps de bien analyser l'échiquier avant de faire bouger les pions.
Le compostage, par exemple, a jadis été vu comme un sauveur et constitue une des solutions que veut mettre en place la ministre du MDDEP. Pierre Bouchard rappelle, en citant l'exemple de la fermeture de Comporec, que le compostage, jusqu'à présent, est demeuré dans le domaine de l'échec.
«Nous aussi, on est pour l'environnement», précise-t-il, mais «quand on veut faire quelque chose de plus en environnement, au niveau de matières résiduelles et qu'on ne veut pas que ce soit de l'enfouissement, il faut mettre la main dans nos poches», rappelle-t-il.
«À chaque fois qu'on se dit qu'il faut faire mieux, on fouille dans les poches des contribuables. La ministre veut mettre des pénalités plus fortes pour l'enfouissement. C'est bien, mais ce sont des penseurs, ils sont dans leur bureau. Dans le quotidien de tous les jours, M. et Mme Tout-le-monde savent très bien que ça coûte plus cher pour faire des choses», rappelle le président de la RGMRM.










