«Il faut faire le ménage de notre organisation», soutient le maire Lévesque.
Tout comme le président de la Régie de gestion de matières résiduelles, Pierre Bouchard, le maire Lévesque ne croit pas que la région doive se presser à suivre l'ambitieuse politique de gestion des matières résiduelles annoncée lundi par la ministre Line Beauchamp et demander sa part des 650 millions $ pour faire du compostage ou de la biométhanisation.
«Il a raison. Ses propos sont très appropriés», commente M. Lévesque.
C'est qu'avant de se lancer dans des projets de ce genre, la Régie a bien d'autres chats à fouetter, rappelle-t-il.
«Les ententes qu'on a signées (avec d'autres municipalités pour l'enfouissement) ne sont pas rentables. Il y a encore le litige au niveau de Champlain qui nous pend au bout du nez et la mésentente avec Savoura a des conséquences monétaires», dit-il.
«Essayons de remettre en place correctement ce qui a été fait et d'évaluer chacune des décisions qui ont été prises. Et avant d'en prendre d'autres, s'assurer que ce soit les bonnes qu'on va prendre», plaide Yves Lévesque.
À eux seuls, les problèmes de la Régie ont déjà des conséquences directes sur les budgets municipaux. Il en coûtera en effet 1,2 million $ de plus à Trois-Rivières, en 2010, pour l'enfouissement et le recyclage, annonce Yves Lévesque.
Et les choses pourraient s'empirer si la ministre Beauchamp impose des frais reliés à sa future politique de gestion des matières résiduelles.
Selon le directeur général de Trois-Rivières, Michel Byette, le coût actuel de l'enfouissement de 44 $ la tonne (soit 34 $ plus 10 $ de redevances sur la taxe) pourrait passer à 70 $ la tonne.
En fait, dès l'an prochain, il en coûtera 60 $ la tonne (c'est-à-dire 50 $ plus les 10 $ de redevance sur la taxe). Si le plan de la ministre est accepté, la redevance ne sera plus de 10 $, mais de 20 $, ce qui ferait monter le coût de l'enfouissement à 70 $ la tonne dans la région.
Bien entendu, cette taxe sur la redevance est supposée être remboursée aux municipalités. Le problème, c'est que les municipalités attendent toujours de l'être et ce, depuis 2007, sans avoir reçu le moindre sou.
«On avait demandé un point d'arrêt, le point d'arrêt est pris. Avant d'embarquer dans quoi que ce soit, assurons-nous d'avoir un portrait clair de la situation actuelle et d'avoir une vision d'où on veut aller et s'assurer que chaque décision qu'on va prendre n'aura pas de conséquences néfastes pour les budgets municipaux», demande le maire Lévesque.
D'ailleurs, tous ces changements de mentalité qui arrivent à grands pas dans le secteur des matières résiduelles, en particulier le désir exprimé par la ministre d'interdire l'enfouissement des matières putrescibles (restes de table, feuilles mortes, végétaux, gazon) d'ici 2020 inquiètent le maire de Trois-Rivières.
C'est que la RGMRM possède maintenant deux lieux d'enfouissement sanitaires. «D'ici 10 ans, on va recycler au moins 70 % des matières et nous, on a deux sites. On va faite quoi?» se questionne-t-il.
Et contrairement aux lieux d'enfouissement privés qui génèrent des revenus, les activités de la Régie, jusqu'à présent, ont généré surtout des dépenses. «Ce n'est pas normal», estime le maire Lévesque.











