Normalement, des travaux de ce genre nécessitent un permis de la Ville. Cette dernière, mise au courant de la date des travaux, fait alors parfois intervenir certains de ses services (travaux publics, police, etc.) pour s'assurer que tout se passe bien et surtout en toute sécurité. C'est encore plus vrai lorsque tout se déroule en plein centre-ville et aux heures de pointe.
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé dans ce dossier, tout simplement parce que le Port, une entité fédérale, n'a pas besoin de permis municipal pour agir. En fait, il n'est soumis à aucune loi municipale.
Or, la démolition de l'immeuble (qui fera place à un stationnement) ne s'est pas déroulée tout à fait au goût de la Ville malgré le périmètre de sécurité mis en place par le démolisseur et malgré que le contracteur ait signifié la nature de ses travaux au service des permis.
«Disons qu'on est un petit peu déçus de la façon dont les travaux se sont déroulés, a confié Yvan Toutant du service des communications. Dans le sens où on n'a pas été avertis. On aurait aimé sécuriser les lieux nous-mêmes avec la sécurité publique et les travaux publics. Hier, on a vu des débordements, par exemple avec les clôtures de sécurité. Des morceaux de l'immeuble en démolition sont tombés dans la rue. On trouve que la démolition s'est faite de façon vulgaire un peu. Nous, nous aurions sécurisé les lieux et les gens de façon différente parce que nous sommes habitués de le faire lors de travaux majeurs.»
M. Toutant insiste, la Ville convient que le fédéral n'a besoin d'aucun permis et que les gens du Port peuvent faire ce qu'ils veulent chez eux. Mais elle a quand même tenu à faire part de ses commentaires à la direction du Port, d'autant plus que d'autres travaux sont à venir près du centre-ville et qu'elle préfère en être prévenue.
«Mais cela dit, il n'y a pas de guerre avec le Port. On veut simplement que notre police soit avertie pour qu'elle puisse faire son travail,» insiste Yvan Toutant.
Du côté du Port, le directeur Gaétan Boivin insiste sur un point. L'entreprise chargée des travaux s'est bel et bien présentée au service des permis. Comme le permis n'était pas requis, tout le système de sécurité ne s'est pas enclenché.
M. Boivin explique que le Port s'est porté aquéreur de ce terrain et de l'immeuble de la rue Notre-Dame Centre afin de consolider ses installations. Le terrain en question n'est pas compris dans le plan de modernisation Cap 2020.
Toutefois, l'actuel stationnement qui sert au port et aux croisières (loué et géré par Olymbec), fait partie, lui, des plans de modernisation et sera transformé en parc public vers 2011. On aura alors besoin du nouveau stationnement, rue Notre-Dame Centre en attendant que la Ville aménage un nouvel espace de stationnement étagé dans son centre-ville.
Une fois fait, le Port sera alors libre de construire des bureaux et de recevoir des partenaires dans ces espaces très bien situés. Un promoteur immobilier avec un beau projet serait aussi éventuellement le bienvenu s'il prévoit des bureaux pour le Port de Trois-Rivières.











