Jointe au téléphone, la ministre a admis être fatiguée mais nullement abattue par cette nouvelle tuile.
«Ça fait partie de la vie politique, a-t-elle confié en riant. Les rapports du vérificateur général amènent toujours ce genre de défi, peu importe le ministère. Le vérificateur essaie de trouver ce qui fonctionne moins bien et à chaque fois, ça soulève beaucoup de passion.»
La ministre insiste, le rapport qui provoque tant de questions remonte à 2004, alors qu'elle n'était pas ministre en titre du ministère des Transports. Elle aime bien rappeler que le sous-ministre de l'époque Florent Gagné, ex-directeur général de la Sûreté du Québec, avait pris la décision en 2004 de ne pas transférer ce contrat à la Sûreté du Québec ni d'en communiquer la teneur au cabinet. «Il a jugé que les preuves étaient insuffisantes.»
Julie Boulet rappelle par ailleurs que plus de 15 000 contrats sont attribués par année par son ministère qui possède un service de gestion de contrats et qu'en aucun temps le politique ne s'ingère dans cette démarche.
«Même le ministre de l'époque, M. Marcoux (Yvon) a confirmé hier (mardi) n'avoir jamais été mis au courant de cette affaire.»
La ministre soutient avoir appris l'existence de cette histoire seulement à la lecture du rapport du vérificateur général et avoir immédiatement posé des questions à ce sujet.
Quand on demande à Julie Boulet si elle a cherché à savoir s'il existait d'autres rapports de cette nature dont elle ignorerait toujours l'existence, elle répond qu'elle a demandé à son sous-ministre non seulement de les transférer à la Sécurité publique, s'il y en a, mais aussi de l'en informer.
Elle répète que tout est perfectible, que son ministère a déjà commencé à suivre les recommandations du vérificateur général et que toute cette histoire ne remet pas en cause, «en aucun temps», la probité du ministère des Transports et de son personnel.
Julie Boulet trouve par ailleurs que son ministère est un peu victime d'un concours de circonstances, alors qu'il y quelques jours à peine Québec imposait de nouvelles procédures aux villes en matière d'attribution de contrats, histoire de contrer le crime organisé. Le retour de boomerang a été brutal chez les libéraux.
Mais cela dit, la ministre n'a pas du tout l'intention de démissionner comme le réclame la chef péquiste, Pauline Marois. Bien que plusieurs chroniqueurs aient souligné le quasi-silence du premier ministre Jean Charest dans cette histoire, la ministre assure avoir toujours sa confiance. «Il n'y a aucun doute là-dessus.»
Elle fait aussi le pari que ses commettants sauront faire la part des choses et elle ne craint pas de perdre leur confiance.
«Ce sont des gens intelligents, capables de lire, de s'informer. Ça fait partie de la vie politique tout ça.»
À ceux qui disent que selon les règles parlementaires britanniques un ministre ne peut plaider l'ignorance, qu'il reste responsable de tout ce qui se passe dans son ministère et donc que la ministre devrait démissionner, la principale concernée répond qu'elle ne connaît pas ces règles et elle répète que ces contrats en litige «n'ont pas été montés au ministère» et que les recommandations du vérificateur général seront suivies de façon rigoureuse.











