Elles ont été choisies par la Fédération des producteurs de races patrimoniales du Québec pour démarrer des élevages de poules Chantecler, une race rustique développée au début du siècle dernier au Québec pour résister à notre climat rigoureux. Parmi ces éleveurs, quatre sont situés en Mauricie.
Ce démarrage se fait avec l'approbation des trois organisations québécoises d'aviculture. La Fédération des producteurs d'oeufs de consommation, le Syndicat des producteurs d'oeufs d'incubation et les Éleveurs de volailles du Québec ont en effet signé une entente à cet effet avec l'APRPQ dans le but de maintenir la race en existence.
Défenseur depuis plusieurs décennies de races domestiques patrimoniales, le directeur général de la FPRPQ, André Auclair, de Saint-Paulin, explique que cette entente est le fruit «de grands combats qui ont été longs».
C'est que les poulets de race sont aujourd'hui propriété de multinationales qui s'en servent pour produire des poulets hybrides, ceux que l'on retrouve aujourd'hui sur nos tables.
Le Chantecler est synonyme d'autonomie pour les producteurs: on peut en tirer des oeufs, des poussins, des coqs et des pondeuses, comme autrefois.
André Auclair est d'autant plus heureux d'avoir obtenu le consentement des trois organisations d'aviculture du Québec et le soutien du Mapaq puisque les poules Chantecler sont une race à plusieurs fins. «Il fallait un quota de ponte et un quota de chair», explique-t-il.
Il aura fallu les recommandations d'un généticien respecté du milieu avicole canadien, Frederic Sylversides, pour s'entendre sur le nombre d'éleveurs nécessaire au maintien de la race, soit 10 troupeaux d'une quinzaine de coqs et de 150 poules desquelles seront issus environ 30 000 oeufs par année, environ 22 000 poussins et 50 pondeuses triées sur le volet.
André Auclair explique que la situation de la poule Chantecler était préoccupante. Cette mesure permettra donc de maintenir la race en existence avant qu'elle ne joigne les 1000 races d'animaux domestiques qui sont disparues de la planète depuis 100 ans. Parmi les races menacées d'extinction, il y a la vache canadienne et le cheval canadien.
M. Auclair entend aussi entreprendre des démarches afin d'encourager l'utilisation du cheval canadien pour tirer des calèches dans les trois plus vieilles villes du Québec.
Pour André Auclair, il est vital pour l'humanité de protéger les races patrimoniales et rustiques adaptées aux conditions de vie des divers pays où on les trouve. S'il n'y avait que des vaches de race Holstein dans le monde et qu'une maladie particulière décime cette race, avec quoi pourrions-nous rebâtir un cheptel? questionne-t-il.
La poules Chantecler ne sont pas les plus «performantes». Par rapport aux poulets hybrides du marché, elles ne pondent en effet que 16 douzaines d'oeufs par année, par rapport à 25 douzaines pour les hybrides et il leur faut entre 16 et 18 semaines de croissance alors que les hybrides croissent en six semaines à peine.
Il n'en demeure pas moins que c'est avec des races pures qu'on génère des hybrides performants, fait valoir M. Auclair.
«Les races pures sont importantes», plaide-t-il en particulier à cause de leur bagage génétique unique.
Une étude de marché de la fédération révèle que les poulardes Chantecler intéresseront les tables gastronomiques et les boucheries fines puisqu'il s'agit d'une viande plus goûteuse que le poulet hybride. Si les consommateurs répondent bien, il y aura alors peut-être de la place pour le développement de nouveaux cheptels, espère M. Leclerc.











