Force est maintenant de constater que le climat difficile à l'urgence a incité des médecins à quitter l'établissement. Ainsi, deux urgentologues ont récemment remis leur démission à la direction de l'établissement.
Le docteur Yves Lamirande, directeur des affaires médicales au CHRTR, avait été le premier à lancer ce cri du coeur, au mois de mai. «J'avais mentionné que si on continuait à travailler dans un climat aussi difficile à l'urgence, on risquait de perdre des médecins de très grande qualité. Deux ont décidé de partir, et si les choses ne s'améliorent pas, on pourrait en voir partir d'autres», prévient M. Lamirande.
Encore une fois, le problème principal demeure le nombre élevé de patients ayant terminé leur épisode de soins mais qui occupent des lits de courte durée pendant plusieurs jours, à défaut de pouvoir obtenir une place en CHSLD ou en réadaptation, par exemple.
Vendredi, ils étaient 46 patients en attente d'une place en CHSLD, et 4 en attente d'une place en réadaptation. Cinquante personnes occupaient donc des lits qui auraient pu permettre de désengorger l'urgence des patients en attente de monter sur les étages. «C'est plus qu'une unité complète. En ce qui me concerne, c'est un record», laisse tomber le docteur Lamirande.
Ce dernier ne cache pas son impatience de voir le milieu se retrousser réellement les manches pour venir à bout du problème. «Ça va prendre une volonté ferme du milieux de régler la situation. Tout le monde fait des efforts, on le voit bien, mais il faut aller plus loin et mettre en place les outils qui permettront de régler la question. Actuellement, je ne sens pas que cette volonté est bien exprimée par le milieu. Nous ne sommes pas une région démunie. Quand on regarde du côté de Victoriaville ou de Shawinigan, on se rend compte qu'ils ne vivent pas ce genre de problème», constate Dr Lamirande.
Au-delà du nombre de médecins diminuant à l'urgence, M. Lamirande s'inquiète aussi de toujours avoir à reprendre le travail effectué pour monter une équipe d'excellence. «On a une excellente équipe d'urgentologues, des gens extrêmement compétents, qui ont de l'expérience et qui aiment ce qu'ils font. Ceux qui nous quittent étaient des médecins de grande qualité. Ce que je constate, c'est qu'on se monte une chimie d'équipe, et qu'on la disloque en ne réglant pas le problème», ajoute Dr Lamirande.
Ce dernier rappelle l'importance de s'assurer que la ressource qui sera mise en place corresponde au besoin actuel. «Il n'existe pas une seule réponse, mais si on regarde que de manière ponctuelle, nous avons entre 40 et 50 patients en attente d'hébergement, c'est sans doute que nous aurions besoin de 40 à 50 lits en hébergement en CHSLD», mentionne-t-il.
















