Le moins que l'on puisse dire, c'est que les membres de la direction de la Garantie maisons neuves ont tout un problème sur les bras avec les dossiers de réclamation de propriétaires de maisons présentant des fissures dans les fondations.
Lors d'une assemblée qui s'est déroulée samedi matin, à laquelle ont assisté plus de 400 personnes, le directeur général de la Garantie maisons neuves, Bruno Nantel, a déclaré qu'il s'agissait du plus important groupe de réclamations concernant une même problématique depuis la création de la Garantie maisons neuves en 1999.
En tout, 222 dossiers ont été ouverts jusqu'à présent. M. Nantel a également mentionné qu'il est probable que ce nombre augmente au cours des prochaines semaines. Malgré tout, le directeur général a assuré que la Garantie maisons neuves avait les reins assez solides financièrement pour verser les indemnités qui seront accordées et pour gérer le dossier efficacement.
«Nous allons livrer la marchandise. Et livrer la marchandise ça passe par un processus d'information. On crée un peu d'insatisfaction, c'est certain. Les gens critiquent la limite de notre rôle de caution, mais nous allons faire notre travail», a-t-il confié avant d'ajouter qu'il y aura probablement des recours légaux qui seront intentées par la Garantie contre certaines organisations et entreprises, notamment le fournisseur qui a produit le béton.
L'assemblée qui a duré plus de quatre heures, pendant laquelle plusieurs personnes ayant déposé des réclamations ont posé des questions aux représentants de la Garantie, a également permis à ces derniers de confirmer que les fissures remarquées dans les fondations étaient bel et bien attribuables à la présence de pierre gonflante dans le ciment employé.
La firme d'ingénieurs mandatée par la Garantie est arrivée à cette conclusion après avoir effectué des vérifications sur les fondations de 35 maisons. Un portrait plus global devrait d'ailleurs être présenté au début de l'année 2010.
«Les conclusions que l'on peut tirer des premiers dossiers qui ont été faits nous amènent aux mêmes conclusions qu'en 2003-2004, c'est-à-dire que la détérioration du béton est due à la présence de minéraux sulfureux dans la conception du béton. Ces minéraux sont principalement de la pyrrhotite et de la pyrite. Parmi les premiers dossiers, il y a une très forte proportion des maisons qui nécessiteront une intervention majeure. La concentration de pyrrhotite dans ces maisons-là fait en sorte que les détériorations se produisent assez rapidement», a expliqué l'ingénieur-conseil mandaté par la Garantie, Denis Roy.
Les propriétaires touchés ont également appris que ça allait prendre entre un et trois ans pour effectuer l'ensemble des réparations et que ces dernières pourraient débuter au printemps 2010. En attendant, des travaux conservatoires seront effectués à compter du 1er décembre afin de ralentir la détérioration.
«Pour le moment, nous avons identifié 47 maisons qui nécessitent des travaux de type conservatoire. Maintenant, il se peut qu'il y ait d'autres dossiers qui s'ajoutent. Pour les travaux correctifs, nous allons accorder la priorité aux maisons qui sont le plus fissurées car de toute évidence, elles vont se détériorer plus rapidement», a souligné le directeur général.
Ce dernier a de plus expliqué aux nombreux propriétaires présents comment allait être déterminé le montant auquel ceux dont le dossier de réclamation aura été accepté auront droit. Toujours selon M. Nantel, la limite de la garantie dans ce type de cas est le montant inscrit au contrat de vente, pour un maximum de 200 000 $ pour les maisons construites avant août 2006 et de 260 000 $ pour celles qui l'ont été après cette date.
Certaines personnes ont également été surprises d'apprendre que certains coûts découlant de ces travaux ne sont pas couverts par la garantie. Les frais entraînés par une relocalisation temporaire, l'entreposage de certains meubles ainsi que les pertes de revenu commercial ne seront pas remboursés.
Outre les 222 demandes de réclamation faites à la Garantie des maisons neuves, rappelons qu'une dizaine de propriétaires ayant construit eux-mêmes leur maison, qui ne bénéficient donc pas de cette protection, ont déjà intenté des recours contre les fournisseurs de bétons concernées, soit l'entreprise Béton Boisvert et la Carrière BB.












