«Dans une année de récession, un si gros montant, c'est inespéré», s'enthousiasmait le grand argentier du téléthon, Raymond Drouin. «Honnêtement, on est surpris. Compte tenu du contexte de cette année, on était un peu anxieux. La population a encore une fois fait preuve d'une extraordinaire générosité partout en région.»
Mis à part le montant mirobolant amassé l'an dernier lors du 50e anniversaire de l'événement ? plus d'un demi-million de dollars ? il s'agit du plus gros chiffre jamais indiqué par le chiffrier du téléthon. En 2007, un peu plus de 436 000 $ avaient été remis à des familles dans le besoin.
«Un si gros montant, c'est fabuleux. Il faut féliciter la population», a ajouté M. Drouin.
Un spectacle relevé
Sur la scène, la grosse machine du téléthon a encore une fois été d'une efficacité redoutable. Plusieurs artistes de renom s'y sont succédés pour le plus grand plaisir d'une salle comble.
Kevin Parent est toujours aussi populaire auprès des jeunes et moins jeunes, et ses prestations ont certainement été parmi les plus populaires de la soirée. Le groupe de Judi Richards, Toulouse, a réussi à faire danser tout le monde, tandis que la chanteuse Ima a livré une interprétation touchante et très réussie du magnifique Happy Christmas (War is over) de John Lennon. Yann Perreau, également, a livré une performance enlevante.
«On pense souvent à ceux qui sont dans le besoin dans le tiers-monde, mais on oublie les gens près de chez-nous. En tant qu'artistes on mène parfois une vie égoïste, mais ça fait du bien de participer à des événements comme ceux-là», a souligné le natif de Berthierville après sa performance.
Wilfred LeBouthillier, qui vient d'un coin de pays touché par le chômage et la pauvreté, abondait dans le même sens. «J'ai eu la chance d'avoir une belle vie et d'être assis à une table bien remplie, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. C'est bien normal de se servir de cette vitrine pour venir en aide à ceux qui ont eu moins de chance».
Mario Pelchat, Daniel Lavoie, Renée Martel et Sir Pathétik, pour ne nommer que ceux-là, ce sont également produits sur scène.
Un des moments touchants de la soirée a eu lieu quand la bénévole de la première heure Denyse Blais, de Louiseville, a reçu le pris Roland-Leclerc des mains de Christian Bélisle. Elle oeuvre au téléthon du Noël du pauvre depuis sa première année d'existence.
51 ans et toutes ses dents
Pas de post-partum pour le téléthon du Noël du pauvre, donc, qui a accouché d'une année record pour son 50e anniversaire l'an dernier.
«On avait une certaine inquiétude au début de l'année, mais en septembre, tout était déjà retombé en place et l'inquiétude s'est apaisée. Pour nous, c'est une sorte de retour à la normale de l'événement», constatait Christian Bélisle, le grand manitou de l'événement.
Seule ombre au tableau, les dons de la grande entreprise se sont faits plus maigres cette année. La récession a peut-être débutée l'an dernier, mais c'est cette année qu'elle a fait ressentir le plus durement ses effets, souligne M. Bélisle.
«Le coup de vent, c'est cette année qu'on le reçoit. Par contre, du côté des dons de monsieur et madame Tout-le-monde, on n'a pas senti de différence», a-t-il expliqué.
Trop tôt cependant pour dire si le nombre de familles qui recevront un coup de pouce du Noël du pauvre sera plus élevé cette année que par le passé. La réalité de chacun des secteurs est différente, et la crise ne s'est pas fait sentir également partout en Mauricie et au Centre-du-Québec.
«On s'attend a en avoir un peu plus, amis à ce stade-ci, ce n'est qu'une impression, puisque la date limite pour les demandes est cette semaine».
Rappelons qu'il n'est pas trop tard pour venir en aide aux familles moins bien nanties, puisqu'il est toujours possible de faire parvenir des dons à l'adresse suivante: Noël du pauvre, C.P. 141, Trois-Rivières, Québec, G9A 5E3.











