La petite fille était confinée au sous-sol, en couche, dans une bassinette. En août 2008, après avoir constaté la maigreur extrême de l'enfant, la mère l'a conduite au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR). En fait, en l'espace de quelques semaines, le poids de la petite avait diminué de 14 1/2 livres (6,5 kilos). Les médecins l'ont aussitôt dirigée vers l'hôpital Sainte-Justine où on a diagnostiqué une cachexie qui se définit comme un état d'affaiblissement extrême de l'organisme dû à une dénutrition très importante.
Selon Me Martine Tessier, procureure aux poursuites criminelles et pénales, la petite était littéralement décharnée. Elle faisait penser à un enfant du Biafra (Nigéria), a-t-elle souligné au juge Pierre-L. Rousseau. Une personne qui a vu l'enfant en août 2008 a été fortement ébranlée à la vue de la fillette. La preuve a démontré que celle-ci n'était pas nourrie suffisamment. Et comme la mère ne sortait pratiquement jamais l'enfant de la maison, personne ne pouvait se rendre compte de sa condition physique.
Selon Me Claude Boucher, le procureur de la mère, l'enfant souffrait déjà d'un handicap de naissance qui se traduisait par une aphasie musculaire. Quant à la malnutrition, Me Boucher a expliqué que l'enfant présentait de multiples ulcères à l'intérieur de la bouche qui rendaient son alimentation douloureuse et difficile.
«Je n'essaie pas de vous dire que ma cliente se déresponsabilise de ce qui est arrivé mais il y a un contexte à tout cela», a-t-il déclaré à la sortie de la salle d'audience.
Me Boucher a expliqué qu'un ancien conjoint avait installé un climat de violence dans la maisonnée et que la mère en subissait aussi les contrecoups. D'ailleurs, cet homme fait aussi face à des accusations criminelles de même nature. Il devrait régler son dossier le 15 janvier prochain. «Vous savez, cet homme exerçait un très grand contrôle sur ma cliente», a encore mentionné l'avocat en ajoutant que sa cliente était par ailleurs débordée et dépassée par les événements. «Elle réalise aujourd'hui la gravité de la situation», a dit Me Boucher en admettant que l'alimentation fournie à l'enfant était insuffisante.
Un rapport pré-sentenciel permettra de mieux cerner la personnalité de cette mère de famille de 32 ans avant le prononcé de la sentence prévu pour le 26 mai. Une ordonnance du tribunal nous interdit de dévoiler l'identité des accusés pour protéger celle de l'enfant. La fillette, pour sa part, a été prise en charge par la DPJ.










