Propriétaire de garderie accusée de voies de fait

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Claude Savary
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La propriétaire d'une garderie en milieu familial, Guylaine Dufresne, accusée de voies de fait sur un bébé de neuf mois, a laissé entendre hier qu'elle ne croyait pas avoir causé des blessures à l'enfant bien qu'elle ait fourni une déclaration incriminante aux enquêteurs de police.

Dans le cadre du procès qui lui a été intenté, Mme Dufresne a fait savoir par le biais de son avocat, Me Michel Lebrun, qu'elle n'a pas fait une déclaration libre et volontaire car elle était déjà bouleversée d'apprendre que la DPJ lui retirait pour quelques jours la garde de ses trois enfants.

Selon la preuve démontrée par Me Hélène Carle, procureure aux poursuites criminelles et pénales, Guylaine Dufresne tenait en août 2007 la garderie Les petits collégiens à son domicile.

La mère de l'enfant l'y avait inscrit après avoir consulté une liste d'endroits susceptibles de recevoir son enfant.

Selon le témoignage rendu par cette femme, tout semblait bien se passer jusqu'à une journée où Mme Dufresne lui a fait remarquer que l'enfant n'aimait pas l'eau. Intriguée, la mère a voulu en savoir plus surtout qu'elle avait constaté que sa petite avait les yeux rougis et le visage boursouflé.

En fait, le bébé avait laissé échapper des excréments partout autour de lui et faisait une grosse crise. Il a donc fallu donner le bain et changer les vêtements.

Lors du retour à la maison, la mère et son conjoint ont constaté que le bébé portait des marques sur les deux bras. «C'était des ecchymoses», a dit la mère en commentant les photographies prises par la police. Elle a ajouté que ces marques sont demeurées visibles plus d'une dizaine de jours. Des examens médicaux passés par la suite n'ont cependant démontré aucune autre blessure.

Qu'à cela ne tienne, la mère a porté plainte à la police. Interrogée les jours suivants par les enquêteurs Nathalie Perron et Jean-Yves Déziel de la police de Trois-Rivières, Guylaine Dufresne a d'abord dit qu'elle ne croyait pas avoir blessé l'enfant. Puis, après que l'agent Déziel lui eut mentionné qu'il ne la croyait pas du tout, elle aurait «craqué» selon le témoignage de ce dernier. Elle aurait par la suite admis avoir serré les bras de l'enfant. Ce fut le seul incident reproché à l'accusé.

Me Michel Lebrun a souligné hier, dans le cadre d'un voir-dire visant à déterminer si la déclaration était libre et volontaire, que sa cliente était déjà accablée par la décision de la DPJ de lui retirer ses enfants (suite à la plainte de voies de faits sur le bébé) et que les policiers ne voulaient pas la laisser partir tant qu'elle ne signerait pas une déclaration.

Me Lebrun s'est aussi interrogé sur le fait que l'interrogatoire de sa cliente ne s'est pas faite en mode vidéo. L'enquêteure Perron lui a répondu qu'elle n'était pas formée pour ce type d'interrogatoire. Enfin, Me Lebrun a fait ressortir le fait que le conjoint de la mère était un policier (il n'est pas membre du service de police de Trois-Rivières).

Le juge Pierre L. Rousseau a pris les arguments en délibéré et fera connaître sa décision le 2 février.

 

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