Gentilly-2: le PQ demande au gouvernement de renoncer au projet

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Mathieu Lamothe

Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après avoir demandé plus de transparence de la part du gouvernement Charest dans le dossier du reclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 de Bécancour, le Parti québécois passe à une autre étape et demande que le gouvernement renonce complètement à ce projet.

C'est ce qu'a indiqué le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, lors d'une conférence de presse hier. Ce dernier a notamment mentionné que sa formation politique n'avait pas le choix d'agir de la sorte en raison de l'obstination du gouvernement et d'Hydro-Québec de ne pas être plus transparents, préférant cacher des faits et des éléments importants du dossier aux Québécois. Le député de Jonquière a ajouté que son parti avait demandé, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, une commission parlementaire ainsi que des études, notamment afin d'en savoir davantage sur les coûts et les bénéfices du projet.

Les députés Jean-Martin Aussant et Noëlla Champagne, qui représentent respectivement les comtés de Nicolet-Yamaska et de Champlain, appuient totalement cette prise de position. Le député Aussant, qui est d'autant plus concerné puisque que la centrale se trouve au coeur de sa circonscription, tient à mentionner qu'une possible démolition de la centrale n'entraînerait pas de pertes d'emplois.

«Les emplois ne sont pas en jeu du tout. Au contraire, ça va en créer à moyen et à long terme. Nous avons regardé ce qui a été fait ailleurs et on a demandé des avis à des personnes qui surveillent de près ces choses-là et ça pourrait prendre dix ans pour démolir une centrale comme celle-là. Tout le monde est donc assuré de garder son emploi à court et moyen terme. À long terme, si on investit ces milliards dans autre chose que le nucléaire, qui va durer plus longtemps, ça va créer d'autres emplois, chez nous et ailleurs au Québec. Économiquement parlant, ça ne serait pas une mauvaise nouvelle», explique le député Aussant.

De son côté, la députée de Champlain rappelle que le projet annoncé en août 2008, devrait coûter environ deux milliards de dollars, un montant qui n'inclut évidemment pas les dépassements de coûts. À la lumière de ces informations, elle réitère que le projet doit être abandonné, d'autant plus que la centrale ne représente que 2,4 % du portefeuille énergétique du Québec.

«Nous avons déjà des surplus d'énergie et on en vend. Ce n'est pas 2,4 % qui va nous faire mourir», mentionne Mme Champagne.

Une annonce qui fait réagir

Le militant Sébastien Bois accueille positivement cette prise de position du PQ. Il ne croit d'ailleurs pas qu'il soit trop tard pour changer d'idée dans ce dossier. Rappelons que le jeune homme avait lancé des petits carrés de carton sur la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, lors de son passage à l'Assemblée nationale il y a quelques semaines lors du dépôt d'une pétition. Ce dernier aurait cependant apprécié que les péquistes dénoncent également l'acquisition par Hydro-Québec de la centrale Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick dans le cadre de l'achat d'Énergie Nouveau-Brunswick.

«C'est comme acheter une autre Gentilly-2», lance-t-il.

Le Mouvement sortons le Québec du nucléaire (MSQN) n'a également pas tardé à féliciter le Parti québécois pour cette prise de position. Le regroupement invite maintenant les membres des deux autres partis représentés à l'Assemblée nationale à faire les démarches appropriées auprès de leurs membres afin d'inciter le gouvernement Charest à réexaminer tous les facteurs qui militent contre la reconstruction du réacteur. Le MSQN demande également aux décideurs d'appuyer l'idée d'un changement de mission pour le secteur nucléaire afin d'assurer le futur des travailleurs de ce secteur d'activité.

La FTQ et le maire en désaccord avec le PQ

Cette sortie contre le reclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 de Bécancour ne fait pas que des heureux.

Le maire de Bécancour, Maurice Richard, ne partage aucunement la position du Parti québécois. Selon lui, ce projet doit absolument voir le jour.

«Nous sommes solidaires de la décision du gouvernement. Il y a d'ailleurs déjà plein d'aménagements qui sont en train d'être complétés sur le terrain pour ce projet. Ça fait des mois que la décision est prise et que le gouvernement s'est positionné. Je ne dis pas que la réaction arrive sur le tard, mais la décision est prise et elle est en pleine action», laisse-t-il tomber.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) juge également irresponsable la prise de position du PQ, autant sur le plan de la sécurité énergétique qu'en ce qui concerne le développement économique. L'organisation syndicale rappelle que la réfection de Gentilly-2 entraînera la création de 1800 emplois durant 18 mois. Ces derniers viendront s'ajouter aux 800 qui découlent des opérations normales de la centrale.

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