Cinq semaines après le vote du 1er novembre, des pancartes électorales du Ralliement municipal ont refait leur apparition à certains endroits de la ville. Ces affiches ont été vicieusement altérées, affublant certains de ces candidats de qualificatifs et d'intentions qui dépassent l'entendement.
Au coin des rues Summit et Champlain, Marc Lafrenière, qui était pourtant candidat dans le district du Rocher dans le secteur Grand-Mère, est déguisé d'un chapeau, d'une perruque, d'une moustache et d'une barbichette. L'auteur a déformé son nom, qui devient Marc Lafourière. Une croix gammée a été dessinée sur son col de chemise et sur son épaule gauche.
À ses côtés, son chef, Claude Villemure, ne paraît guère mieux. Il est présenté comme candidat au «crossage municipal». On lui a mis trois croix gammées sur le front et deux autres sur les joues. On lui a même dessiné un pénis sur le bord des lèvres. Le chef du Ralliement municipal est aussi débaptisé et il devient Claude Volemure.
Derrière eux, le slogan du parti devient «Une vision, des mensonges», à côté duquel on retrouve un autre message, «Pour mieu (sic) vous crosser!»
À la limite du district de la Cité, Réjean Huard, candidat dans des Hêtres, est défiguré avec son chef. Cette fois, l'auteur vise également l'hôtel de ville de Shawinigan qui apparaît en arrière-plan sur cette pancarte. La maison du citoyen est présentée comme étant le «département de recherche sur la crosserie».
Au moins une autre pancarte du même genre a été aperçue à Baie-de-Shawinigan, tout près de l'ex-usine Belgo.
Consternation
Le vandalisme des pancartes électorales appartient au folklore des campagnes, mais rarement a-t-on assisté à une telle poussée de rage plus d'un mois après le scrutin.
À l'hôtel de ville, Me Yves Vincent, président de la dernière élection, confirme que le Ralliement municipal avait retiré toutes ses affiches dans les délais requis, soit 15 jours après le vote. Il s'agit visiblement de l'oeuvre de plaisantins qui ont volé ces pancartes, puis les ont réinstallés avec leur signature au goût douteux. Évidemment, aucune amende ne sera imposée aux candidats pour cet affichage illégal.
Rappelons que le Ralliement municipal n'est parvenu à faire élire qu'un seul candidat le 1er novembre, Bernard Cayouette dans le district des Boisés.
«Il n'y a rien que je n'ai pas vu dans cette campagne-là», laisse tomber M. Villemure. «Il n'y a plus grand-chose qui me surprend. Je trouve ça triste et j'avoue que sur le coup, ça fait mal.»
S'agit-il d'un message pour convaincre les artisans du Ralliement municipal de dissoudre le parti? Là-dessus, M. Villemure répète que tout le monde se reverra en février pour déterminer la suite des choses.
«Est-ce une façon de mettre de la pression?», questionne-t-il. «On peut spéculer, mais on n'aura probablement jamais la vraie réponse.»
Pour le moment, M. Villemure ne croit pas qu'il confiera cette affaire à la Sûreté du Québec. Me Vincent, lui, n'exclut pas ce scénario.











