Bataille d'experts au procès de Gariépy

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Claude Savary
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une bataille d'experts est à prévoir dans le dossier de Michel Gariépy, un homme de 52 ans de Drummondville accusé d'avoir fraudé plus de 70 investisseurs pour une somme évaluée, selon l'enquête de la GRC, à 2,18 millions $.

Me René Duval, qui représente les intérêts de l'accusé, a fait savoir au tribunal hier qu'il allait avoir recours aux services d'un juris-comptable pour démontrer au tribunal que les sommes avancées par la police sont nettement exagérées.

«Il faudrait plutôt parler d'environ 900 000 $», a expliqué Me Duval à la sorte de la salle d'audience en ajoutant qu'il fera la preuve que son client n'a pas fait de fraude et ne s'est pas enrichi aux dépens des personnes qui lui ont confié leur argent.

En 2007, Michel Gariépy a déclaré faillite pour une somme de 2,18 millions $. Quelque 76 créanciers ont été durement touchés et parmi eux un homme de Shawinigan-Sud qui a perdu 345 000 $ et un couple de Shawinigan qui a vu s'envoler 221 000 $.

Cette faillite a attiré l'attention de la division des délits commerciaux de la police fédérale qui, après analyse du dossier, a déposé des accusations criminelles.

Homme respecté et très affable, Michel Gariépy aurait promis à ses clients des rendements exceptionnels allant de 15 à 50%. Il leur aurait dit notamment qu'il traitait avec une banque suisse et qu'il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter.

Mais selon le rapport du séquestre officiel, Michel Gariépy aurait avoué que les placements en Suisse étaient faux. Il aurait aussi déclaré que face à son insolvabilité, il aurait essayé de trouver une solution miracle.

Il aurait aussi confié au séquestre qu'il ne tenait pas de comptabilité informatique des sommes qui lui étaient confiées ni des remboursements qu'il aurait pu faire.

Comme dans tous les dossiers de nature économique, il n'est pas simple pour les avocats d'analyser de fond en comble tous les éléments recueillis par la GRC.

«Je vais avoir besoin d'un comptable fiscaliste car le procureur de la poursuite, Me Maxime Chevalier, à ma connaissance, aura aussi recours à un tel expert», a révélé Me Duval. Selon ce dernier, on aura probablement des surprises lors du procès.

«Il y a des gens qui déclarent des pertes beaucoup plus importantes que la réalité», soutient-il sans pour autant accuser qui que ce soit de mauvaise foi.

«Il faut faire la différence entre le montant investi à l'origine et les hypothétiques rendements qu'ils auraient pu obtenir», a expliqué Me Duval qui ajoute que l'enquête ne mentionne pas que des gens ont été remboursés de plusieurs milliers de dollars.

Le dossier a été reporté au 30 mars le temps que les experts entreprennent l'étude du dossier. Michel Gariépy n'oeuvre plus dans le domaine du placement financier.

Après avoir vécu longtemps à Trois-Rivières, il occupe maintenant un emploi de cadre chez Postes Canada à Drummondville.

Comme les fois précédentes, Michel Gariépy n'était pas présent au palais de justice de Trois-Rivières, son avocat ayant le mandat d'agir en son nom.

 

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