Cancer, invalidité et pyrrhotite

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Gaétane Poitras tient ici une photo du solage... (Photo: Ève Guillemette)

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Gaétane Poitras tient ici une photo du solage de sa maison, que l'on voit en arrière-plan.

Photo: Ève Guillemette

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avoir de la pyrrhotite dans les fondations de sa maison, c'est déjà un drame en soi, mais pour Gaétane Poitras, c'est un drame de trop.

Cette musicienne à la retraite venait en effet de se relever d'un cancer lorsque les fissures ont commencé à envahir le solage de sa nouvelle demeure, rue Gilles-Lupien à Trois-Rivières. Pour mettre la cerise sur le gâteau, cette même année-là, son époux s'est aussi retrouvé dans une situation d'invalidité.

Le couple avait acheté la maison modèle de DM Turcotte, il y a deux ans.

«La première année, je n'ai vu aucune fissure», raconte Mme Poitras. Le printemps passé, toutefois, de petites fissures ont commencé à apparaître et sont devenues très rapidement grosses et inquiétantes.

Mme Poitras venait d'investir 50 000 $ dans le sous-sol de sa nouvelle demeure où elle a ajouté deux chambres à coucher, une salle de musique, un grand espace de rangement rempli de tablettes et un foyer au gaz.

Hier, elle rencontrait le contracteur qui viendra soulever sa maison. Le sous-sol devra être démoli en entier. «J'ai passé plusieurs nuits sans dormir quand j'ai su qu'on défaisait tout mon bel aménagement que j'avais fait», confie-t-elle.

Incapable de vider le sous-sol d'eux-mêmes pour des questions de santé, ces propriétaires devront avoir recours à des déménageurs. Il leur faudra notamment déplacer une collection de 450 bibelots.

«Je vais voir les déménageurs venir ramasser toutes mes affaires, ce n'est pas le fun. C'est vraiment désagréable et ça coûte très cher de déménager tout ça», fait-elle valoir.

«C'est une charge énorme. C'est une insécurité totale», ajoute-t-elle. «On n'en veut pas de ce problème-là.»

«Je relevais d'un cancer et j'ai acheté cette maison-là pour être enfin tranquille dans ma balançoire chez moi et cette année, je vais être obligée d'aller rester ailleurs.

«Je ne sais pas où je vais être logée. L'insécurité, c'est le gros problème de tous les gens comme moi», explique-t-elle.

Mme Poitras est bien déterminée à ne pas payer un sou pour tous ces inconvénients. Toutefois, la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ ne couvre pas les investissements qu'elle a mis dans son sous-sol. Il est clair que pour elle, comme pour la plupart des autres victimes, c'est une bataille judiciaire qui s'amorce.

 

LES DEMANDES DE LA COALITION PROPRIO-BÉTON

Un programme d'indemnisation

Une révision de la norme québécoise sur la qualité du béton

L'imposition de tests de qualité du béton selon des normes plus sévères

Un traitement rapide des dossiers par les instances judiciaires

Un assouplissement du programme de la Garantie des maisons neuves

Une garantie supplémentaire de 30 ans contre les vices dans le béton

L'augmentation des seuils de la GNAPCHQ pour tenir compte de l'inflation

L'élimination de la limite associée au coût initial de la résidence

 

Lire aussi Pyrrhotite: maintenant 350 victimes

 

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