«C'est grâce à elle si je peux présentement la tenir dans mes bras. Je suis vraiment reconnaissante. Elle a vraiment fait tout ce qu'elle pouvait faire pour ces enfants-là. Elle s'est assurée avant de revenir que les enfants avaient de quoi à boire et à manger. Elle leur a trouvé une place pour les héberger pour le reste du temps qu'ils devaient passer en Haïti», a mentionné madame Marcotte alors qu'elle tenait sa petite Erlie sur ses genoux.
Cette dernière tient également à préciser qu'elle a eu très peur que Ginette Gauvreau et sa fille soient mortes lorsqu'elle a appris que le violent séisme avait frappé Haïti.
Cette angoisse s'est amplifiée dans les jours qui ont suivi étant donné qu'elle n'avait pas de nouvelles ni de sa fille, ni de la responsable des adoptions pour l'organisme Soleil des nations.
«J'ai eu vraiment peur. Les deux dernières semaines ont été l'enfer. J'ai comme arrêté de vivre. Autant ça s'est écroulé là-bas, autant ça a été difficile ici. Ça a pris entre 24 et 48 heures avant que je reçoive des nouvelles afin de savoir comment Erlie et madame Gauvreau allaient. On ne savait cependant pas qu'elle était occupée à faire le tour des crèches afin de voir si les enfants étaient corrects», a indiqué la femme de 44 ans.
Un nouveau cycle parental
Pour madame Marcotte, l'arrivée d'Erlie dans sa vie constitue un deuxième départ à titre de mère. Bien qu'elle soit mère de deux enfants biologiques de 22 et 26 ans et même grand-mère d'un petit garçon de deux ans et demi, elle voulait un autre enfant et donner la chance à une petite orpheline de vivre dans un milieu où elle sera aimée.
Et même si elle fréquente le même homme depuis 10 ans, ce dernier n'est pas le père adoptif d'Erlie. Il faut dire que les deux amoureux n'habitent pas sous le même toit, ce qui cause des problèmes lorsqu'il est question d'adoption internationale.
«Un enfant, ça met de la vie dans une maison. Mes enfants sont rendus en appar- tement et j'avais besoin d'avoir quelqu'un à m'occuper», a-t-elle lancé.
Depuis son arrivée au pays mercredi dernier, la petite Erlie a subi plusieurs tests afin de voir si elle est en bonne santé et pour évaluer son niveau de développement. Selon les premiers résultats, la petite fille de trois ans n'a aucun problème de santé majeur. Elle accuse cependant un retard en ce qui a trait à son développement.
«Elle ne marche pas. Elle semble parler un peu mais je ne comprends pas trop. Elle parle probablement le créole. Elle est au niveau d'un enfant âgé de 18 mois. Mais je vais tout faire pour qu'elle rattrape son retard», a assuré madame Marcotte avant d'ajouter qu'elle considérait que sa fille était une survivante et qu'elle allait être en mesure de surmonter tous les obstacles qu'elle rencontrera au cours de sa vie.











