Si on connaît bien le travail des soldats déployés en Afghanistan et plus récemment à Haïti, on entend beaucoup moins parler des militaires qui oeuvrent dans le cadre d'une opération de paix internationale, sous l'égide des Nations unies. Une trentaine de Canadiens y sont actuellement présents.
Deux missions sont en cours dans ce pays de l'Afrique de l'est, l'opération Safari, qui est une mission de stabilisation de combat entre le Nord et de Sud du Soudan, mise en place après l'accord de paix conclu en 2005 entre Khartoum et le Mouvement armée de libération des peuples du Soudan et l'opération Augural, dans la région de l'ouest en proie à un conflit depuis 2003 et où le Canada a expédié beaucoup de matériel militaire de base.
Le capitaine Bouchard joindra l'opération Safari. Pour ce membre de la marine qui a aussi auparavant travaillé à Victoria et Halifax, ce sera une première grande mission. Si tout se passe normalement, il quittera le Québec au début de mois de février.
«Mon travail en sera un d'observateur militaire. On est sur le terrain et on s'assure que les termes du cessez-le-feu sont respectés par les parties. Je vais travailler dans un genre de gros poste de police où se trouvent de 20 à 30 militaires Casques bleus qui proviennent de différents pays. Je serai peut-être le seul Canadien. On va faire de la patrouille, des enquêtes, des inspections et de la liaison suivant les besoins. Je ne serai pas armé, même s'il y a des composantes des Casques bleus qui le sont. Environ 8000 militaires de plusieurs pays sont déjà sur place.»
Dès son arrivée dans la capitale, Khartoum, M. Bouchard devra suivre un entraînement très spécifique à la mission et c'est à ce moment qu'il saura exactement où il sera affecté. Il sait déjà qu'il se retrouvera dans un pays musulman au nord et plus tribal et chrétien au sud avec des cultures très différentes.
Pourquoi ce goût d'aller sur le terrain au lieu de rester bien peinard dans les bureaux de l'armée ou alors sur un navire?
«Je pense que le goût de l'aventure est un trait de caractère que partagent tous les militaires, répond-il après mûre réflexion. Mais aussi le goût d'aider et de contribuer à quelque chose. Il y a aussi le besoin du dépassement de soi. Ça me manquait ces derniers temps. Je n'ai encore jamais fait une mission de ce genre-là , six mois dans le Golf persique. Présentement la marine canadienne a un bateau dans cette partie du monde qui participe à des opérations anti-terroristes ou anti-piraterie, mais je n'ai jamais eu la chance de prendre part à ce genre d'opération.»
Lorsqu'on demande au militaire si c'est une fierté plus grande pour un membre des forces de participer à une mission des Casques bleus, M. Bouchard répond qu'il ne le croit pas. «En tout cas, moi je ne le perçois pas comme ça. Mais j'étais content d'être affecté là et dans ces conditions. Il y a beaucoup de marins qui vont au Soudan. La contribution et le sentiment d'accomplissement restent les mêmes partout dans les forces canadiennes», répond l'officier qui se définit d'abord comme un marin et non un soldat.
M. Bouchard a deux grandes filles qui vivent à Vancouver avec leur mère et qui sont venues le visiter au Québec, à Noël. «Elles ne sont pas trop inquiètes mais quand même, les adieux ont été un peu plus émotifs que d'habitude à l'aéroport quand elles sont retournées», admet-il.
M. Bouchard ajoute qu'il est un peu documenté sur le Soudan et plus particulièrement sur la région du sud où il s'attend à être affecté. Il a hâte d'être sur place, car rien ne vaut l'expérience du terrain pour connaître ce pays de près de 30 millions d'habitants dont l'histoire se confond avec celles des Arabes et l'islam et où on trouve... des pyramides.
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