Le conseil de Trois-Rivières sous haute tension

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Le conseil municipal de Trois-Rivières est divisé sur... (Photo: Ève Guillemette)

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Le conseil municipal de Trois-Rivières est divisé sur plusieurs questions.

Photo: Ève Guillemette

Martin Francoeur
Le Nouvelliste

«Oui on peut faire de la politique mais pas au détriment de l'intérêt de la population. Depuis les élections, les façons de faire ont changé. C'est la débandade. La petite chicane de petite politicaillerie, ça ne fait pas avancer notre ville.»

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est un peu dépassé ces temps-ci par tout ce qui se passe à l'hôtel de ville.

Depuis décembre, l'atmosphère y est à trancher au couteau, principalement en raison de la scission qu'on observe entre les conseillers qui ont voté contre le budget et qui font maintenant front commun sur plusieurs questions, et ceux que l'on dit plus fidèles au maire Yves Lévesque et à ses idées.

Ce sont les fameux «groupe des sept» et «groupe des neuf». Les résultats des votes contestés, lorsqu'il n'y a pas d'absents, finissent d'ailleurs par ce score.

La discorde est à ce point ancrée dans les travaux du conseil que le maire Yves Lévesque songe même à mettre un terme aux rencontres du conseil à huis clos, dans les heures qui précèdent les assemblées publiques.

«Il n'y a pas de changement dans le fonctionnement. Pas d'ouverture», remarque Yves Lévesque, qui considère maintenant comme une perte de temps les rencontres en comité plénier.

C'est qu'on voit maintenant apparaître des propositions d'amendements ou carrément des projets de résolutions initiés par des conseillers du groupe des sept.

Ce fut le cas, lundi, avec la proposition de Sylvie Tardif concernant la composition du comité de développement social. Et son collègue André Noël en avait aussi une en poche concernant la désignation d'un vérificateur général. Mais cette dernière n'a pas été déposée.

Les habitués qui assistaient à l'assemblée régulière du conseil ont même pu observer que les conseillers du groupe des sept étaient maintenant tous assis aux deux extrémités de la table en forme de croissant, le plus loin possible du maire.

D'un côté, on retrouve Sylvie Tardif, Françoise Viens, Alain Croteau et Marie-Claude Camirand, alors que de l'autre on retrouve André Noël, Marie-Josée Tardif et Catherine Dufresne.

Aux côtés du maire, on retrouve évidemment sa «garde rapprochée», soit les membres du comité exécutif, puis les conseillers qui partagent généralement ses idées et ses façons de faire: Fernand Lajoie, Ginette Bellemare, Guy Daigle, Michel Bronsard, Monique Leclerc, Micheline Courteau, Michel Veillette, René Goyette et Yves Landry.

Ce dernier a d'ailleurs fait un frappant constat, publiquement, lundi soir. «Je pense qu'on a beaucoup de croûtes à manger pour pouvoir travailler ensemble», a-t-il indiqué devant l'attitude du maire et de certains conseillers qui s'apostrophaient publiquement et qui manifestaient leur désaccord.

Yves Landry tentait de trouver une solution pour que le conseil puisse analyser la proposition amenée par sa collègue Tardif concernant le comité de développement social. Cette «main tendue» a été saluée par certaines personnes présentes dans la salle.

On a aussi tenté de donner un peu de contrôle à la période de questions. Le maire prend maintenant en note le nom des personnes qui souhaitent intervenir et leur donne la parole selon l'ordre établi.

Mais les qualités de président d'assemblée d'Yves Lévesque ont été remises en question, lundi soir, alors qu'il laissait sans broncher un citoyen engueuler Alain Croteau, alors que du moment qu'un autre haussait le ton pendant que lui-même parlait, il le menaçait d'expulsion. La conseillère Sylvie Tardif, exaspérée devant une telle partialité, a demandé au maire de jouer son rôle de président et de modérateur. En vain.

Le climat est aussi tendu entre les conseillers eux-mêmes. Les communications entre les deux factions au sein du conseil sont à peu près rompues, notamment lors du traditionnel souper qui précède la séance publique du conseil.

«On vient de sortir d'une élection et ça laisse des traces. On n'est pas sorti du bois», a conclu Yves Lévesque.

 

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