Malgré la demande en ce sens formulée par le conseiller André Noël, le conseil a tout de même accordé le contrat au montant de 4 598 979 $ à la firme Christian Arbour Inc., plus bas soumissionnaire pour ce volet majeur de la réalisation de Boréalis.
Le conseiller Noël s'est dit préoccupé par le fait qu'il y a une différence de 1 million $ entre ce montant et celui de 3 595 000 $ qui figure à l'annexe 7 du règlement d'emprunt de 22,5 millions $ pour l'ensemble de la partie publique de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Ce règlement avait été adopté le 21 avril 2008 par le conseil municipal.
«On défonce d'un million $. Ça me semble assez sérieux pour qu'on suspende l'adoption et l'octroi du contrat, le temps de regarder ce qu'on peut faire avec ça. Boréalis, c'est un beau projet. On s'entend là-dessus. Mais quand on va en soumission et que ça sort à 30 % d'écart par rapport au règlement d'emprunt, ça m'interpelle», a indiqué André Noël.
La conseillère Sylvie Tardif s'est elle aussi dite préoccupée par la différence de coûts et a demandé qu'on retire de l'ordre du jour l'octroi du contrat. «Qu'on se comprenne bien. Boréalis, c'est une excellente idée. Un très beau projet. Mais je voudrais qu'on m'explique le dépassement de coûts et comment on va le combler», a-t-elle fait valoir.
Le maire Yves Lévesque a tenté de calmer le jeu en indiquant que le règlement d'emprunt global pour la partie publique de Trois-Rivières sur Saint-Laurent est suffisamment flexible pour que l'on puisse basculer des sommes entre différentes affectations.
«On a une enveloppe de 20 millions $ pour réaliser différents aspects. C'est normal qu'il y ait des variations de coûts par rapport à ce qu'on fait comme estimations. Et il se peut qu'on puisse balancer des sommes vers d'autres éléments. Si ça dépasse pour Boréalis, va peut-être falloir couper ailleurs, comme dans les quais ou les fontaines», a-t-il indiqué. Cette disposition est en effet prévue à l'article 5 du règlement d'emprunt, au chapitre 48 des règlements de 2008.
Joint par Le Nouvelliste hier, le directeur des arts et de la culture à la Ville de Trois-Rivières, Michel Jutras, a tenu à préciser que l'écart réel entre le montant prévu et l'ouverture des soumissions est de 340 000 $ et non d'un million $.
«Le règlement d'emprunt est basé sur des études et des estimations faites en 2003, qui ont été révisées en 2006. Quand on regarde ces estimations préliminaires, oui il y a une différence d'environ 1 million $. Mais quand on regarde le montant qui nous a été présenté selon les plans et devis, tout juste avant d'aller en soumissions, on se retrouve avec un écart de 340 000 $, ce qui représente 9 %. Pour nous, ça demeure très acceptable», explique le directeur.
En fait, la Ville évaluait les coûts à 3 742 946 $ avant taxes au moment de lancer l'appel d'offres. La plus basse soumission est entrée à 4 074 400 $ avant taxes également. Selon Michel Jutras, un écart d'environ 10 pour cent est très acceptable. «On a même été un peu soulagés. Il y a une subvention qui est entrée à plus de 5 millions $», remarque-t-il.
Boréalis, rappelle Michel Jutras, est le premier projet public de Trois-Rivières sur Saint-Laurent où on se retrouve en situation d'attribution et d'exécution de contrats. «Probablement qu'il y aura des choix à faire un moment donné. Mais pour l'instant, on est satisfait de la façon dont ça se déroule», ajoute-t-il.
Lundi soir, le contrat a été octroyé malgré la demande de retrait. L'amendement en ce sens a été battu à huit voix contre sept. Et la résolution en tant que telle a été adoptée par le même résultat.
L'ouverture de Boréalis - un centre d'interprétation dédié à l'industrie des pâtes et papiers - est toujours prévue pour septembre prochain.











