Lors du dépôt de son rapport hier, il a même qualifié sa mission de succès puisque sur les 342 informations qu'il a reçues et analysées durant six mois, 21 ont été jugées suffisamment pertinentes et crédibles pour être retenues pour fins d'enquête.
«Ce sont des renseignements que nous n'avions jamais eus, qui n'avaient jamais été communiqués aux policiers parce que les informateurs avaient peur. Ces informations sont porteuses d'espoir. Je suis sûr d'ailleurs que Cédrika sera retrouvée», a-t-il lancé.
À plusieurs reprises, il a d'ailleurs insisté sur l'importance de ne pas perdre espoir dans cette affaire. «Il ne faut pas croire que les policiers n'ont pas de pistes ni de suspect. Par contre, il faut des preuves pour pouvoir arrêter le coupable», a-t-il indiqué lors d'une entrevue accordée au Nouvelliste après la conférence de presse.
Il a alors donné l'exemple d'Alain Perreault à Québec qui a été arrêté six ans et demi après le meurtre de Lyne Massicotte. Prudent dans ses commentaires sur l'éventuel auteur du crime, il pense que le crime a été commis par un homme seul, que ce dernier aurait même participé aux recherches mais qu'en dépit de son intelligence, il finirait bien par commettre une erreur un jour ou l'autre.
Dans le cadre de son mandat pro bono, l'avocat de Québec a notamment recueilli les confidences d'un détenu dans un pénitencier de Québec. Celui-ci disait que son codétenu prétendait être le ravisseur de Cédrika Provencher.
«On s'est rendu au pénitencier en question. Jamais le détenu n'aurait accepté de parler sans ma présence; il ne pouvait plus vivre avec ces informations. La Sûreté du Québec a accepté de me laisser assister à l'interrogatoire, ce qui ne se fait pas d'habitude», a-t-il mentionné.
Les informations colligées par Guy Bertrand ont également mené à la confection d'un portrait-robot et à des fouilles dans des secteurs ciblés où la jeune fille pourrait être enterrée. En prononçant cette phrase, il a d'ailleurs pris soin de s'excuser auprès de la famille. Impossible par contre de savoir où exactement ont été menées ces fouilles.
Dans plusieurs cas, les informations ont été transmises à la Sûreté du Québec, du moins lorsque Me Bertrand obtenait le consentement des informateurs. Sinon, il a procédé avec son enquêteur privé, Raymond-Noël Vaillancourt, un policier à la retraite, à la vérifications des informations.
Bien que selon ses propres dires, sa mission se soit avérée très difficile émotivement et psychologiquement, Me Bertrand estime qu'elle a été fort utile, et ce, à plus d'un niveau.
«Certains renseignements ont permis aux informateurs de libérer leur conscience et d'être en paix avec eux-mêmes. Plusieurs d'entre eux m'ont affirmé qu'ils avaient même de la difficulté à dormir parce qu'ils étaient convaincus de l'endroit où se trouvait Cédrika, ou qu'ils connaissaient l'identité du ravisseur», a-t-il précisé.
L'avocat avoue par ailleurs s'être «réconcilié» avec les policiers au cours de son périple.
«Il m'est arrivé à plusieurs reprises au cours de ma carrière de dénoncer par ignorance la façon de travailler des policiers. Ma mission m'a permis de comprendre que la tâche des enquêteurs peut être extrêmement difficile, particulièrement dans les cas d'enlèvement. La SQ aurait d'ailleurs reçu près de 20 000 informations de toutes sortes», a-t-il mentionné.
Maintenant que sa mission est bel et bien terminée, il invite néanmoins la population à fournir tout renseignement pertinent en communiquant avec la division des crimes contre la personne de la SQ au 1-800-659-4264. Rappelons que la jeune fille est portée disparue depuis le 31 juillet 2007.
Des pistes crédibles communiquées par Me Bertrand
1 - Informations portant sur les confidences d'un détenu, dans un pénitencier du Québec, qui prétendait être le ravisseur de Cédrika (informations communiquées à la SQ)
2 - Informations qui nous ont amené à creuser le sol à certains endroits où on affirmait avec certitude que Cédrika aurait été enterrée (à la SQ)
3 - Informations à l'effet que le ravisseur aurait participé aux recherches dans le but de retrouver Cédrika et qu'il aurait été propriétaire d'une voiture rouge (à la SQ)
4 - Informations voulant que Cédrika soit détenue par un gang de rue (à la DPJ)
5 - Informations précises d'un témoin crédible pouvant mener à un suspect (à la SQ)
6 - Informations qui ont justifié une fouille le jeudi 24 septembre 2009 (à la SQ)
7 - Informations portant sur des révélations qui ont été entendues à l'intérieur des murs d'une prison du Québec (à la SQ)
8 - Informations qui ont mené à la confection d'un portrait-robot (à la SQ)
9 - Informations données par une personne qui a reçu des menaces de mort d'un confident qui lui aurait confié ce qu'il savait sur le dossier de Cédrika
10 - Informations provenant d'un témoin qui prétendait avoir vu Cédrika dans une fourgonnette rouge quelques jours après l'enlèvement. Selon ce témoin, le propriétaire serait une personne connue dont elle ne voulait pas révéler l'identité (les vérifications sur ce dossier ne sont pas encore terminées)
11 - Informations à l'effet que Cédrika aurait été vue avec des trafiquants de drogue et qu'elle pourrait être détenue par ces derniers
12 - Informations portant sur l'utilisation de la photo, de la personne ou de l'image de Cédrika sur un site internet (à la SQ)
13 - Informations à l'effet que Cédrika aurait été vue en dehors du Québec, plus particulièrement au Nouveau-Brunswick
14 - Informations à l'effet que Cédrika aurait été aperçue, le 18 août 2009, dans un autobus.
15 - L'informateur l'a suivie à sa descente de l'autobus pour savoir où elle se rendait et pour connaître son adresse (informations à compléter)
16 - Informations à l'effet que Cédrika aurait été vue, le 2 août 2007, en compagnie d'un suspect connu du milieu policier (à la SQ)











