Pauline Marois fait salle comble au Collège Laflèche

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Pauline Marois était de passage au Collège Laflèche... (Photo: Stéphane Lessard)

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Pauline Marois était de passage au Collège Laflèche dans le cadre des Grandes rencontres.

Photo: Stéphane Lessard

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La chef du Parti québécois et de l'opposition officielle, Pauline Marois, a fait salle comble hier, au Collège Laflèche, alors qu'elle prenait la parole dans le cadre des Grandes rencontres, sur le thème du Québec de demain.

Mme Marois a pu échanger directement avec les étudiants sur les questions de bourses du millénaire, (Ottawa doit respecter les champs de compétence et verser cet argent au Québec), sur l'importance de la langue anglaise dans un Québec souverain (la chef de l'opposition se dit en faveur de l'enseignement de trois langues au secondaire... et elle l'a dit en anglais), sur la transaction entre Hydro-Québec et Énergie Nouveau- Brunswick (une bonne entente mais un peu coûteuse à court terme) et sur l'impact de la mondialisation sur la souveraineté culturelle du Québec (elle a recommandé la lecture du dernier livre de Jacques Parizeau, La souveraineté du Québec, hier, aujourd'hui et demain).

Comme on le lui avait demandé, la politicienne a expliqué aux étudiants comment son parti voyait le futur du Québec. Elle s'est dit préoccupée par le sort des générations futures dont elle veut protéger la qualité de vie, entre autres, en ne les enterrant pas sous les dettes de la génération actuelle.

Les priorités de la chef de l'opposition vont à l'éducation. Elle a parlé d'investir dans la matière grise, tout en se disant attristée d'avoir lu le matin même dans Le Devoir que selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec, les Québécois sont moins scolarisés que les anglophones et qu'ils valorisent moins les diplômes d'études universitaires. Elle souhaiterait une mobilisation de la société à ce sujet, ce qu'elle ne sent pas actuellement.

Elle a ensuite abordé la question d'un Québec vert qui se développerait non seulement avec son énergie hydroélectrique mais aussi avec l'éolien, le solaire, la biomasse et la géothermie.

Mme Marois a enchaîné avec un sujet qui lui tient à coeur, soit une meilleure gestion des finances publiques, tout en faisant la démonstration qu'un Québec indépendant ferait mieux.

Sur le sujet de la langue, elle a dit souhaiter réécrire la loi 101. Elle a avancé que le Québec francophone reste fragile et que si l'anglais poursuit ses avancées dans la métropole, c'en sera fait du reste du Québec.

Enfin, elle a poursuivi avec la question de l'éthique, ou plutôt du manque d'éthique dans le milieu politique, en déplorant que certains cas signalés récemment jettent injustement le discrédit sur tous les élus.

Rencontre avec le maire

Plus tôt le matin, la chef péquiste avait rencontré le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, qui lui a présenté les principaux projets de la ville.

«Ce fut une discussion à bâtons rompus, à l'image de votre maire. Il nous a parlé de surrèglementation ce qui le préoccupe beaucoup et de son projet ouvert sur le fleuve avec des berges accessibles aux citoyens. Un projet que je connaissais d'ailleurs. On a revu où c'en était. Il m'a parlé de ses difficultés et je lui laisse la responsabilité de trouver des solutions.»

Mme Marois a déclaré que ce projet lui apparaît particulièrement intéressant pour les citoyens, compte tenu de l'accessibilité aux berges, et du volet scientifique avec la technopole, qu'elle a qualifié «d'outils de développement fort intéressants.»

En après-midi, elle rencontrait la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé pour discuter entre autres de lutte à la pauvreté.

Charest voyage trop

Sur le plan national, Mme Marois s'est montrée un peu agacée par les nombreux voyages du premier ministre Charest à l'étranger.

Elle y voit une manoeuvre de diversion, alors que selon elle, les Québécois veulent toujours une enquête publique sur le milieu de la construction.

Tout en reconnaissant qu'il est utile que le premier ministre parte à l'étranger pour représenter le Québec, elle estime que Jean Charest qui est allé à Copenhague, en Russie, à Davos et maintenant en Inde, exagère.

«Je souhaite qu'il nous revienne avec de nombreux contrats, pour l'instant on n'a rien entendu. Je trouve qu'il y a trop de problèmes au Québec pour mettre tant de temps à l'étranger» a-t-elle conclu.

 

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